Chapitre 37.

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Pdv Calliope.

Je n'ai jamais aimé courir. En sport, j'étais toujours la dernière à arriver lors du cross, rouge comme une tomate et au bord de l'évanouissement. Au bout de cinq minutes je suais déjà comme un phoque et je haletais : on pouvait m'entendre respirer à des kilomètres à la ronde. Tout le monde se moquait de moi quand je passais enfin la ligne d'arrivée, une heure après toute la classe. Mais aujourd'hui, cette fatigue que je ressentais à l'époque ne compte plus. Aujourd'hui, même si je ne sens plus mon coeur et que mes jambes me font atrocement mal je continue de courir. Parce qu'il le faut ! Parce que comme ça je n'ai pas le temps de penser à ce qui pourrait lui arriver. Parce que si je marche et que j'arrive trop tard je m'en voudrai pour le restant de mes jours.
Je tourne au coin de la rue, les quelques personnes encore dehors à cette heure tardive me dévisagent. J'imagine ce qu'il doivent voir : une lycéenne à bout de souffle qui s'entête à courir alors qu'elle n'en peux plus. Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre, sérieux ?

Il ne peut pas mourir. Il ne peut pas mourir. Il ne peut pas mourir.

Je répète ces mots en boucle dans ma tête. Ça m'aide à avancer. Il faut que je sois près de lui le plus vite possible. J'ouvre la porte de l'hôpital. Ma voix tremble quand je demande à l'infirmière où il est. Elle tape trop lentement sur son ordinateur. Pourquoi ne se dépêche-t-elle pas? Je trépigne d'impatience, je me tords les doigts dans tous les sens. Je sens que je suis au bord des larmes. Mais je ne dois pas craquer, pas maintenant. L'infirmière repose un regard sur moi. Je vois dans ses yeux qu'elle me juge : "qui est cette folle ?" doit-elle se demander. Mais plus rien ne compte quand elle me dit enfin dans quelle chambre il est.

Je marche cette fois, le plus vite possible. Mes talons résonnent dans le long couloir blanc. Je déteste les hôpitaux. Je les ai toujours évités comme la peste, pour moi ils sont synonyme de malheur. Mais cette fois je n'ai pas le choix. Je n'ai plus qu'une envie : être le plus près de lui. J'aperçois Mickey quelques mètres plus loin assis par terre devant la salle que l'infirmière m'a indiquée. Il a l'air en mauvais état et quand je m'approche je sens une forte odeur d'alcool.

— Je ne sais pas, m'a-t-il répondu au téléphone quand je lui ai demandé si Evan était mort.

Puis je me suis précipitée ici, sans réfléchir. Je m'écroule à côté de Mickaël quand j'arrive à son niveau mais je ne dis pas un mot.

— Le médecin ne veut rien me dire. Je sais juste qu'il est revenu de la chirurgie il y a quelques minutes. Je l'ai vu passer Calliope. Allongé sur un brancard, plein de tuyaux qui lui sortaient du corps... mais son coeur battait, je suis sûr d'avoir entendu des bips de l'appareil. La voix de Mickey se brise et un sanglot s'échappe de ma gorge.

Maintenant que je ne cours plus, toute ma tristesse revient. Mon coeur se serre : il n'a pas le droit de mourir ! Il n'a pas le droit de me laisser ! Les larmes roulent sur mes joues et je pose ma tête entre mes bras. Je me sens fatiguée. Mais qu'est-ce qui lui a pris de prendre sa moto au milieu de la nuit alors qu'il avait bu ? Il est complètement inconscient ? Il joue avec sa vie ! Soudain je suis folle de colère contre lui et son meilleur ami.

— Qu'est ce qui t'a pris de le laisser, connard !

Je perds mon calme, me lève et pousse Mickey contre le mur. Je suis folle de rage. Je préfère m'en prendre à Mickey parce que si je reste assise à attendre je vais devenir folle.

Mickey ne répond pas, il passe la tête dans ses mains et gémit. Ce son me fait de la peine. Je m' asseois à côté de lui et passe mon bras autour de son épaule. Je n'ai pas le droit de m'en prendre à lui, il faut qu'on reste soudés.

Je ne sais pas combien de temps on est resté là, dans le couloir, à attendre. Lorsque le médecin arrive finalement, Mickey se redresse immédiatement et je fais de même. Quand je me mets debout, ma tête tourne légèrement et je me retiens au mur pour ne pas m'effondrer. J'observe attentivement le médecin. Sa mine semble grave.

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