Chapitre 5, partie 4

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Harry est monté précipitamment, suivis de près par, comment elle s'appelle ? Je ne sais pas. J'étais tellement concentrée sur moi que je ne lui ai pas demandé. Ils sont montés après mon hurlement, pensant peut-être que quelque chose me soit arrivé. Et j'aurais tellement aimé ça. Qu'il m'arrive quelque chose !

Je leur souris pour les rassurer.

- J'avais besoin de me défouler, pardon.

Harry hoche la tête avant de ressortir de ma chambre, son amie le suit de près tout en me faisant un magnifique sourire. Je ne peux pas rivaliser avec ce genre de filles, ni elle ni Kendall, ni aucune autre. Car dans ma condition, n'importe quelle autre fille est mieux que moi. Voilà que je me plains de nouveau. Je suis la pire fille que la terre est portée.

J'avance vers ma commode, celle où dans le premier tiroir se trouve mon poignard. Je le sors de celui-ci, d'un mouvement délicat. Je lève la tête pour m'observer dans le miroir, j'ai le teint de plus en plus pale, mes cheveux sont terne. Je ressemble plus à rien.

J'approche l'arme de mon visage, la lame effleurant ma joue. Et je saisis brutalement une partie de mes cheveux que je coupe. Ils tombent sur le sol, ils s'écrasent, se meurent. Et je fais pareil de l'autre côté, les larmes coulant le long de mes joues. Mes cheveux étaient longs, ils m'arrivaient au bas du dos. Je les avais auparavant coupés pour qu'ils m'arrivent aux épaules. Et j'ai commis l'irréparable, je les ai totalement cisaillés. Pourquoi ai-je fait cela ? Car je suis une autre personne. Et plus rien ne m'importe.

Quelques gouttes de sang s'écrasent sur le sol, je me suis coupée la main en coupant mes cheveux. Il s'agirait presque d'un rituel. J'aimerais qu'on puisse m'exorciser. Je n'ai fait que des mauvais choix. Je dois en payer le prix.

Tant pis pour mes cheveux, pour mon cœur, tant pis pour moi. Je le mérite. Mais je ne peux pas racheter mes erreurs. Je ne peux plus être heureuse, pas après tout ce que j'ai fait. « Tu ne dois plus l'être, tu ne dois plus jamais l'être. Cette fois tiens-toi à tes résolutions ». Car oui, j'abandonne tout ce que je décide.

Je descends l'escalier pour rejoindre la cuisine, j'ai besoin d'un thé.

Harry et elle sont toujours en train de discuter dans le salon, plus calmement cette fois ci. La curiosité se répand dans mon corps. Non, je ne ferais pas ça.

Je sors dehors, sur le porche, il y a un banc. Je m'assoie dessus, ma tasse entre les doigts. La chaleur ne me brule pas, le froid ne me fait pas frissonner. Je ne ressens rien. Je ne veux rien ressentir. Plus de douleur, plus de colère, plus rien. Et plus d'amour. Ni Cole, ni Harry, ni personne.

L'hiver est là, c'est indéniable. Les personnes sont habillées chaudement, de longues écharpes aux couleurs rougeoyantes, des gants, parfois des bonnets ou cache-oreilles. Pour ne pas avoir froid. Et moi je combats le froid en short et débardeur. Je combats le froid avec mon désir de ne rien ressentir. Etrange.

Un peu plus tard, l'amie d'Harry, qui se prénomme Jade est partie. Il s'est assis à mes côtés dans le canapé.

- Je suis désolée Harry. Tu es venu pour de l'aide mais je ne l'ai pas fait. Et pire que tout, c'est toi qui m'aide.

- Non, Spencer, je crois que j'avais juste besoin de quelqu'un qui puisse comprendre ce que je vis, ce que je ressens.

- Tu ne m'as jamais dit comment tu voyais les choses par rapport à notre situation. J'ai l'impression que c'est totalement différent de ton côté... Et c'est vrai, c'est comme si il pouvait juste voir la mort des personnes quelques secondes avant que ça n'arrive alors que moi je peux tuer des personnes d'un baiser ou voir leur compte à rebours. J'espère que ce n'est que moi, pour qu'il soit protégé de ce genre d'atrocités.

- Ça l'est un peu tu sais, j'ai l'impression que c'est décuplé chez toi, dès que tu croises quelqu'un tu le vois mourir mais moi c'est très rare. La personne de la dernière fois, au marché de noël, je ne l'ai pas vu, senti ou quoi que ce soit d'autre. Peut-être parce que c'est récent chez moi... Mais je suis certain d'une chose Spencer, tu n'es pas celle que tu penses être. Tu es plus que ça, crois-moi.

J'aurais pu me mettre à pleurer, c'est certains, mais encore une fois Harry m'aide à me sentir mieux alors que c'était à moi de l'aider. Je ne sers vraiment à rien.

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