Chapitre 7 : Face de Bière

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Par bonheur, c'était le week-end !

Ma nuit m'avait épuisée. Non, non, pas dans ce sens-là. Enfin... Si. Mais pas seulement. Depuis l'incendie des draps et les révélations de Maec au sujet de sa femme, j'avais été complétement incapable de dormir. Lui, en revanche, avait passé une bonne nuit. Collé à moi, il m'avait serré dans ses bras tout le temps de son sommeil.

Durant les heures me séparant du jour, dans l'étreinte de mon amant, des centaines de questions avaient traversé mon esprit. Pourquoi sa femme avait-elle disparu ? Pourquoi avait-il abandonné ? Depuis combien de temps... Depuis combien de temps sa vie conjugale avait-elle été détruite ?

Et surtout... Que se passerait-il si elle revenait ?

Cette question m'avait noué l'estomac. Les yeux grands ouverts dans le noir, j'avais laissé les supputations tourner dans mon esprit, sans discontinuer. Finalement, le jour s'était levé, à l'instar de Maec.

-Tu as une sale tête, fit-il après le petit déjeuner.

-Cela m'arrive quand je mets le feu à mon lit, fis-je avec un rire nerveux.

-Tu fais souvent des cauchemars ?

-Non. Non, vraiment. C'est étrange.

Effectivement, mes nuits étaient habituellement calmes. Solitaires, à vrai dire. Avant l'arrivée de Maec dans ma vie, cela faisait... Longtemps que je n'avais plus accueilli quelqu'un chez moi. En y repensant, son arrivée changeait pas mal de chose dans ma vie. Et avec lui, les cauchemars étaient venus. Bizarre. Une manifestation de mon inquiétude ?

-N'y pense plus, murmura-t-il en m'embrassant la tempe. Ça te tente de faire un repas maison, pour ce soir ?

Je fronçais les sourcils en le suivant dans la salle de bain.

-Je ne sais pas cuisiner.

-Qui a dit que c'était toi le cuistot ? rétorqua-t-il en me jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.

-Oh mes dieux... Tu sais cuisiner ?

-Tu me diras ca ce soir.

J'éclatais de rire, ce qui me valut d'être prise en poids et portée sous le jet d'eau froide de la douche.

Nous bataillâmes un moment dans la bonne humeur, ma mauvaise nuit envolée. Néanmoins, en milieu de matinée, je fus surprise de le voir se préparer. Assise sur le lit, je le contemplais, en train de refermer les boutons de sa chemise.

-Tu sors ?

-Je travaille le samedi aussi, fit-il avec un sourire contrit.

Oh Mince. Moi qui avait pensé passer le week-end ensemble...

-Ne t'en fais pas, murmura Maec à mon oreille. Nous aurons tout le dimanche pour un marathon sexuel.

-Maec ! m'écriai-je en rougissant.

-Quoi ? Tu ne veux pas ?

Cela n'arrangea en rien mon embarras.

-Tu ne penses qu'au sexe, marmonnai-je, bras croisés sur un de mes coussins.

-Non. Je ne pense qu'à toi. C'est bien différent.

Je battis des paupières, ce qui lui arracha un nouveau sourire. Son baiser fut fugace, comme s'il ne voulait pas s'attarder trop longtemps. Et en plongeant dans son regard brulant je compris son dilemme : s'il me touchait de trop, il ne partirait jamais.

Ce constat me fit rougir un peu plus. Je n'avais pas l'habitude de provoquer une telle passion chez les hommes.

-Soit prudente, Kanna. A ce soir !

Katharos, Costumes en Tous GenresLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant