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7 Janvier 2004, 21h00...
Central Park, New York...

Central Park, véritable micro-monde, coincé entre les grands immeubles de downtown et les getthos d'Harlem. Jardin vivant bourré d'énergie la journée qui, une fois la nuit tombée devenait source de stress pour toute personne devant le traverser en solitaire. C'était du moins comme cela que Joseph Northwood se représentait la grosse pomme. Lui-même ne faisait pas partie des gens qui avaient peur de traîner tard dans Central Park. Au contraire, il était la menace planant sur les pauvres âmes qui osaient s'aventurer ici. C'était ce qu'il se plaisait à croire en ce mercredi soir brumeux. Il était adossé au grillage qui barrait l'accès au réservoir, observant les rares passants. Tantôt un jeune cadre qui avait traîné un peu dans un restaurant chic, négociant un contrat en or que son patron ne voulait pas voir échapper. Tantôt une vieille dame qui s'était laissée surprendre par la tombée du jour et regagnait son petit nid du West Side convaincue qu'à son âge, et connaissant parfaitement le coin, rien ne pouvait plus lui arriver. Il y avait inévitablement également, les petits délinquants en herbe pour qui, passer quelques heures en plein cœur du parc représentait le défi à relever qui ferait d'eux des dudes respectés de leurs cadets. Sans oublier les quelques dealers. Eux passaient parfois se réapprovisionner ou, à l'inverse, distiller leur marchandise au plus offrant. Et enfin, de temps en temps, quelques policiers en faction. Ceux-là faisaient de leur mieux pour rassurer la population.

Tout cela représentait un divertissement certain pour le Choisi. Il observait un chat. Il se faufilait de buisson en buisson, comme fuyant un quelconque prédateur, lorsque Joseph fût tiré de ses rêveries par cette sensation qui le surprenait toujours autant. Des choisis. Il n'aurait su dire combien. Plus d'un, il en était certain. Il chercha des yeux, d'abord sans bouger, puis en s'éloignant du réservoir. Son regard surnaturel tentait de percer la nuit. Il ne vit que Venus et se détendit alors supposant, vu la décontraction que cette dernière affichait, que le ou les autres immortels l'accompagnaient. Sûrement les mêmes que la dernière fois et donc, potentiellement, de vrais vampires.

Il s'avança vers elle et la retrouva sur la route goudronnée, laissant derrière lui le réservoir et les mille et une lumières qui se reflétaient à sa surface.

— Salut Venus, lui lança-t-il encore à quelques distances cherchant à trouver les autres.

— Laisse tomber, tu le trouveras pas. Il ne tient pas à être vu. C'est le même que la dernière fois et il n'y a que lui.

Ainsi, ils n'étaient que deux. Ce radar manquait réellement de précision, pensa Joseph. Venus parlait d'un ton calme et serein avec un léger sourire aux lèvres qui surprit quelque peu le choisi. Il ne s'en formalisa pourtant pas et prit son amie dans ses bras chaleureusement.

— Comment tu vas ? demanda-t-il en reprenant ses distances.

— Bien, très bien. Je suis venue pour te mettre en garde.

— Tu l'as déjà fait il y a une semaine, coupa Joseph. Tu radotes là.

— Non, cette fois je veux te donner des détails, reprit-elle. J'en sais plus, et je pense que tu devrais aussi en savoir plus.

— Ouais, notamment au sujet de ce que tu as fait pendant deux ans...

— Fais gaffe, Jo, fit-elle d'un ton sec. Je t'aime énormément, mais ne recommence pas tes histoires de te prendre pour mon père ou je ne sais quoi.

— OK ! murmura Joseph en levant les deux mains en signe de reddition. De quoi tu veux me parler ?

— Asseyons nous...

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