Chapitre 7

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Sur plusieurs kilomètres, c'était le désert, la maison d'arrêt était visible de loin avec des murs hauts, ses barbelés, ses grandes portes interminables en fer !

Comme c'était triste, jamais elle n'aurait imaginé y mettre les pieds un jour !

Un parking visiteurs était accessible, mais assez loin de l'entrée. Elle y gara sa voiture, prit son sac et se dirigea, le cœur battant la chamade, le pas hésitant, vers ces lourdes portes en fer qui renfermaient l'homme de sa vie.

Plusieurs personnes attendaient devant l'entrée.
Des jeunes gens maghrébins et africains, européens, plusieurs mamans avec leurs paniers discutaient entre eux, d'autres visiblement préféraient être seuls.

Un des jeunes hommes maghrébins dit à un de ses amis :

- Eh les mecs ! Regardez la meuf elle est trop canon ! Ouach, elle déchire !

Marie, à ces mots s'éloigna de quelques pas en arrière :

- Starful Allah ! Il ne manquait plus que ça ! Pourvu qu'ils ouvrent en vitesse !
Pensait-elle.

Puis l'un d'eux s'approcha d'elle :

- Eh poupée, ça te dit de venir faire un tour avec nous ? Tu viens voir qui ici ?

- Non merci...je viens voir mon mari

Dit-elle d'une voix tremblotante

Ils tournaient autour d'elle en sifflant, lançant ci et là des propositions indécentes quand soudain, une des mamans qui attendait, vint à son secours :

- Ma tahchamch ? T'as pas honte d'embêter la dame ? Laisse là tranquille ! Wa Allah tu l'embêtes encore tu vas le regretter !

Sur ces fermes et menaçantes paroles, les jeunes voyous s'éloignèrent :

- Ouach Laajouz ! C'est bon ! On a juste dit qu'elle était canon c'est tout !

Dit le voyou en grognant.

C'était une maman d'une soixantaine d'année, probablement algérienne comme son accent l'indique. De petite taille, le teint hâlé, un visage triste qui témoigne d'une grande beauté d'autrefois, elle portait une djellaba verte et un foulard blanc.

- Ma fille, tu sais ils sont gentils malgré tout ! Même s'ils sont bêtes ! Ne les balances pas aux gardiens, sinon ces bougres ne pourront plus voir leur oncle leur frère ou leur père !

- Merci Madame, merci ! Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien ! Vous savez je ne veux pas d'histoire et ...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une sonnerie sourde retentit et une petite porte insérée dans l'une des deux grandes s'ouvrit automatiquement.
La dame lui dit :

- Reste près de moi ! Ne crains rien !

C'était comme un réflexe conditionné, toutes ces personnes éparpillées, de toutes origines confondues avec des histoires qui l'étaient tout autant, se regroupèrent en une file unique.

Les jeunes étaient derrière Marie, et la dame, changea de place avec elle, en lui confiant :

- Passe devant ma fille ! Moi, ils ne risquent pas de me pincer les fesses !

Marie fut heureuse, la présence protectrice de cette femme était une bénédiction !
Elle fut très amusée par sa phrase mais par pudeur et respect contint son rire.

Elle était un guide, malgré elle. Guide d'un bien triste lieu dont malheureusement elle connaissait parfaitement le protocole. Elle déduisit spontanément que c'était sa première visite et lui dit :

- Là, y a un portique de sécurité : tu poses ton sac, ta montre, si t'as des bijoux, tu passes le portique et tu les récupères, comme pour l'avion !

- D'accord, merci Madame !



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