Chapitre 5

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C'est un geste plein d'amour qui la réveilla et la sortit de ce profond sommeil.

Une petite silhouette la couvrit d'un plaid et souleva délicatement sa tête pour glisser doucement un coussin, après lui avoir collé un bisou sur le
front. Puis cette petite silhouette, pleine de bienveillance s'apprêtait à partir lorsque Marie lui prit la main et l'embrassa. Elle se releva et attrapa son petit Mickaël, le serra très fort dans ses bras et lui dit :

- Qu'Allah soit satisfait de toi mon fils !

L'enfant, s'assit sur ses genoux, blotti contre sa mère :

- Maman ? tu sais pourquoi je m'ai battu ?

- Je me SUIS BATTU

Corrigea la maman

- Ben tu sais Patrick et Karim ils disent que papa est en taule ! Ils ont dit ça veut dire la prison. Einh c'est pas vrai maman ? Papa il est au déplacement t'as dit !

Alors moi je les ai tapés, parce mon papa à moi, il est au déplacement pas à la prison !

- Vas dormir mon chéri il est tard on rediscutera de ça, in cha Allah. Je veux que tu sois sage et je te promets que papa te parlera bientôt d'accord ?

- OH merci maman, merci !

Le garçonnet comblé de joie, obéit et embrassa sa mère qui rajouta :

- Mais attention chéri, plus de bagarre !

- Oui oui maman, je va être sage tu vas voir ! ... in cha Allah

- Je VAIS être sage Mickaël !

A quoi sert de taire des choses qui de toute évidence se ressentent au plus profond de soi ?

Il était temps d'être honnête et d'avouer aux enfants comme au reste de la famille, la véritable raison de l'absence de Kader. On ne pouvait dorénavant le cacher plus longtemps !

Ce fut une nuit à la fois courte, longue et agitée.

Marie devait absolument parler avec Kader. Celui-ci l'appelait tous les lundis à 9h00 pile.

Il la saluait, demandait des nouvelles des enfants sans donner grande information sur lui.
Mais sa voix trahissait malgré ses efforts pour le cacher, une profonde dépression, le regret et la tristesse, tout cela mêlé à la honte de se retrouver derrière les barreaux.
Chaque jour se ressemblait, se succédait rien n'évoluait. Marie se sentait piégée par la situation : cela faisait un mois jour pour jour. UN mois, comme si tout s'était figé, comme si elle avait les mains liées et le cerveau endormi, anesthésié.

Ceci dit, la nuit lui porta conseil, entre ses invocations, la promesse solennelle faite au petit Mickael.
Elle devait sortir de cette inertie, briser le mur du silence et avancer, quelle que soit la difficulté, quelles que soient les conséquences !

Ce matin-là, elle accompagna les enfants à l'école, travailla le matin et comme elle était à jour dans son travail demanda à son patron son après-midi.
Elle ne savait pas ce qu'elle en ferait, mais elle en avait terriblement besoin.

Rentrée à la maison, elle fit ses prières, puis s'installa sur la table de la salle à manger.
Par quoi commencer ? Tout est si confus, des larmes de désespoir commencèrent à jaillir de ses yeux bleus azurs, tel un torrent.

Elle se releva, prit son tapis de prière et fit la prière du besoin.
Apaisée, elle dit :
- Bismi Allah, par quoi commencer
Elle s'apprêta à retourner sur la table, quand soudain le téléphone sonna, comme par miracle.


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