Chapitre 3

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L'heure tournait au ralenti, chaque bruit des aiguilles de l'horloge en bois suspendue au mur, était comme une aiguille qui s'enfonçait dans son cœur, essayant de se concentrer tant bien que mal sur le travail qu'elle devait finir avant de partir.

Puis l'heure fatidique et tant redoutée arriva. Elle s'encouragea avec quelques invocations puis se rendit à ce mystérieux rendez-vous.
Malheureusement avant d'atteindre le bureau du directeur elle devait traverser celui des secrétaires de direction.
Quelle torture ! Elle sentait leurs méchants regards se poser sur elle, ne la lâchant pas d'une seconde ! Elle salua puis traça une ligne droite et frappa à la porte du Directeur.
Une voix grave lui dit d'entrer, ce qu'elle fit, presque soulagée d'en finir avec tous ses regards et ses messes basses derrière son dos.

A sa grande surprise le directeur n'était pas seul à l'intérieur. Il y avait avec lui la directrice de l'école maternelle où était scolarisé Michael. Après les avoir tous les deux salué, on lui proposa de s'asseoir :

- Madame Abdenour, j'ai bien reçu votre lettre de démission, je vous ai convoqué aujourd'hui pour en discuter.

- Premièrement veuillez accepter mes plus plates excuses, pour m'être emporté comme je l'ai fait l'autre jour ! Depuis, j'ai voulu connaître la vérité sur cette affaire et je pense l'avoir trouvée !
Après votre départ l'autre jour, j'étais furieux et ne savais qui croire : vous ? Ou Sylvie employée ici depuis 15 ans et qui n'a jamais fait parlé d'elle jusqu'à aujourd'hui ?
En sortant je l'ai surpris en train de rire aux éclats elle était si heureuse je ne l'ai jamais vu dans un tel état de bonheur durant toutes ces années !
Le doute s'est alors installé dans mon esprit, j'ai aussitôt appelé la directrice que vous connaissez et qui m'a confirmé mot pour mot tout ce que vous avez dit !

- Oui Madame Abdenour, ayant été avec vous à l'hôpital, j'étais présente lorsque vous avez appelé votre collègue Sylvie, j'ai écouté malgré moi la conversation, je vous ai entendu lui dire de transmettre un dossier important et d'informer le directeur de votre absence fortuite.

- Merci, Madame Dupuis mais ... je sais pas ...je ne sais plus..
Avoua Marie, si heureuse car enfin la vérité avait éclaté !
- El Hamdou li Allah, El Hamdou li Allah, El Hamdou li Allah
Se disait elle, mais il y avait cependant un iq ! Elle reprit

- Ce n'est pas si simple Monsieur le Directeur ! J'ai été profondément blessée et humiliée, par vos propos et cette accusation mensongère et je n'ai plus trop la volonté de revenir travaillé dans un milieu qui m'a été si hostile car j'ai essuyée beaucoup de médisance et de méchanceté m'ont été faites suite à cela de la part des autres collègues.

- Madame Abdenour je vous prie une nouvelle fois de bien vouloir accepter mes excuses je suis sincèrement confus je ne veux pas que vous nous quittiez, nous avons besoin de vos compétences : votre gestion du personnel, des différents contrats avec les entreprises ont fait gagné beaucoup d'argent à la ville.

- Très bien Monsieur le Directeur, puisque j'aime ce que je fais et je suis heureuse d'être utile

Elle se leva prête à partir lorsqu'il dit :

- En tant que responsable du personnel nous devons discuter de l'avenir de Sylvie. Il est clair que son mensonge la diminue grandement à mes yeux

- Monsieur, je ne veux prendre aucune décision la concernant, je vous laisse carte blanche

- Et bien en ce qui me concerne, je vais la licencier

- Oh non monsieur ne faites pas cela, je vous en prie ! S'il vous plaît !

- Votre réaction m'étonne Madame Abdenour, je croyais que vous seriez ravie de cette annonce et à juste titre !

- Non, pas du tout, loin de là ! Elle a une famille, des responsabilités, un fils handicapé, ce serait la mettre vraiment en difficulté !

- A ce moment là, et bien je lui laisse le choix entre les archives ou la porte et c'est sans appel !

Sur ce, il prit son téléphone et la fit rentrer, elle arriva le sourire aux lèvres. Il lui présenta la directrice de l'école, et lui expliqua qu'elle était dans une situation fort difficile. Elle se mit à pleurer, supplier, à demander pardon à Marie : « oui ! » elle avait menti mais elle ne savait pas ce qui lui avait pris !

- Madame, s'il ne tenait qu'à moi, le licenciement serait justifié, mais Madame Abdenour s'y est opposé. Par conséquent, je vous signale que dès demain vous changerez de service, votre présence ici n'est plus souhaitable à la direction. Vous avez l'opportunité de travailler aux archives puisqu'un poste s'est libéré !

Sylvie dont le visage était déjà bien rouge, fut écarlate. Elle hocha la tête en signe d'acquiescement. Son organisme tout entier bouillonnait telle une marmite, elle sortit en lâchant timidement un « merci Monsieur le directeur ! »

Ses collègues la réceptionnèrent telle une épave, la réconfortaient mais en vain, elles lui demandèrent ce qui avait bien pu se passer à l'intérieur pour la mettre dans un si piteux état. Elle resta mutique, sécha ses larmes et sortit prendre l'air.

Puis se fut au tour de Marie de sortir du bureau, elle fut dévisagée comme jamais elle ne l'a été, questionnée par des regards interrogateurs et accusateurs. Face à cela, elle baissa la tête et continua son chemin. Arrivée à son bureau, elle ferma la porte, s'affala sur son fauteuil et joignit les mains et dit !

- El hamdou li Allah ! Grâce à Dieu, je garde mon travail in cha Allah !

Cependant elle savait pertinemment au fond d'elle, que rien ne serait pareil désormais. Elle porterait la responsabilité de la déchéance de Sylvie aux yeux de tous !
« Mais qu'importe ! » se dit-elle « l'important est de gagner sa vie. Kader ne travaille pas, et les enfants sont encore petits »
Elle ne devait depuis faire confiance à personne d'autre que le Directeur. C'est à lui et à lui seul qu'elle ferait ses transmissions en cas d'absence, des plus minimes aux plus importantes sans intermédiaire aucun : c'est ce sur quoi ils s'étaient mis d'accord ce jour là.



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