O2. Papa, t'étais où pendant cinq ans ?

7.8K 689 35

Salam,

- Donc si j'ai bien compris, elle c'est ta fille ? Me dit Abdelah qui est tout aussi choqué que moi. Et Neyla te la laissée pour toujours ? Parce que toi et les goss, je suis désolé mec mais je ne sais pas par où tu vas commencer.

- T'es un marrant toi dis donc, ironai-je. Comme si je ne m'étais pas assez rabaissé toi t'en rajoute ? J'ai pas le choix, je dois m'en occuper en attendant que sa daronne se ramène.

Nous continuions de parler tandis que Layna jouait dans la plaine de jeux qui se trouvait au parc. Ce n'est peut être pas si dur que ça de s'occuper d'une fille, elle m'a l'air assez calme et obéissante. D'après ce que j'ai compris, elle sait d'avance que je suis son papa car Neyla lui a dit. Tant mieux, je n'aurais pas à me casser la tête pour lui expliquer qui je suis et pourquoi je n'étais pas présent. Dans le fond, je me dis que j'ai été un lâche pour les avoir abandonné mais d'un autre côté, j'avais dix neuf ans et sans situation. Je n'aurais jamais réussi à les rendre heureuses... Elle n'est peut être pas si calme que ça finalement, elle était entrain d'arracher les cheveux à un petit garçon. Une vraie sauvage mais je dois avouer qu'elle sait bien se débrouiller pour une gamine.

- Layna, lâche ce garçon. Mais pourquoi tu le frappe ? Lui criai-je.

- Parce qu'il est bête, il m'a dit que j'étais moche et qu'avec ma couette, je ressemblais à un jnoun*. Me dit-elle sans lâcher le gamin.

Je rêve ! Elle est entrain de le torturer parce qu'il lui a dit qu'elle était moche. Pourquoi elle ne fait pas comme toutes les filles et ne vient pas vers moi en pleurant ? Elle se sent obliger d'utiliser la violence. Et puis, je pense qu'elle tient ce caractère de son père, l'impulsivité. Je la retire du garçon et l'emmène sur le banc. Abdelah s'est faufilé et est parti rejoindre quelques amis.

- La prochaine fois que tu as un problème, tu viens vers moi. D'accord ?

- Papa, t'étais où pendant cinq ans ? Quand maman pleurait, tu n'étais pas là pour nous. Me lança-t-elle.

Je resta choquer face à ses mots, ma fille venait de m'ouvrir les yeux. Je ne suis qu'un moin que rien, je suis comme mon père. Je les ai laissé seules et je suis parti comme si rien n'étais de ma faute. Qu'est ce que j'ai pu être con ! Mais maintenant, je ne l'abandonnerai plus, c'est ma fille et je ferai n'importe quoi pour un simple sourire de sa part. Je rattraperai le temps perdu, je serai un bon papa et je ferais tous pour que tu sois fière de moi... Je la pris dans mes bras, elle était si innocente et fragile. L'amour que je lui porte n'est pas comparable, je tuerai pour ce petit être. Layna, ma fille, ton père t'aime...

《 Vocabulaire 》

*Jnoun : mot arabe. Diablesse, monstre, ...

« Moi, Père Et Je Galère »Lisez cette histoire GRATUITEMENT!