Chapitre 5, partie 1

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Jour-J

Je suis resté enfermée dans ma chambre, je n'ai pas bougé. Allongée sur mon lit. Je ne suis pas sortie depuis ma dispute avec Cole, j'ai décidé de ne plus rien ressentir et je commence par un isolement quasi-total, parce qu'Harry continue de venir me parler.

Je suis dans un état végétatif et la seule chose qui m'importe ? Rien. J'aspire à ne plus penser, à ne plus ressentir. A ne plus vivre en tant que Spencer.

Il s'agira d'une renaissance, laissant place à l'Autre, j'appelle Autre cette partie de moi, sombre et froide, qui prend plaisir face à la mort des personnes.

Et c'est dans cette optique là que je me lève enfin de mon lit, je me sens enfin différente. Autant l'être jusqu'au bout et effacer Spencer. Je ne serais plus jamais elle. J'attrape une paire de ciseaux sur mon bureau et coupe mes cheveux mèches par mèches. Il m'a fallu des années pour avoir la longueur que je coupe. Ils m'arriveront désormais au-dessus des épaules. La mort, c'est moi, je vais faucher les âmes. Et pour ça, je n'ai pas besoin d'une grande cape noire, ni de masque.

Je me suis éveillée, quelque chose de puissant grandis en moi. Je le sens.

L'hiver va devenir ma meilleure amie, je sors en short et en débardeur, je n'ai pas froid, je ne sens rien. L'Autre a envie de tuer, pour le plaisir, je lui laisse la pleine possession de mon corps. Elle s'est lentement dirigée vers un homme, dans sa tenue affriolante il l'a sifflée. Pas étonnant, l'Autre ressemble à une pute.

Elle s'est doucement approchée et a passé ses bras autours du coup de l'homme, se rapprochant de ses lèvres comme pour l'embrasser, seulement elle lui à soufflée une haleine mentholée. Il est tombé. Mort.

Le baiser mortel, voilà comme elle l'appelle. Elle n'a pas peur, elle sourit de ravissement. Un sourire sanglant, à donner froid dans le dos. Elle a un désir accru de vengeance. Elle est mon côté sombre, elle est sans limites et sans tabous. Sans aucun remords.

Elle me fait peur, je suis effrayée contrairement à elle, mais elle me guide. Elle me rassure d'un certain côté. Et pourquoi ne pas la laisser diriger entièrement ma vie ? Elle semble si forte. Mais je reste partagée entre elle et celle que j'étais. Je ne veux plus rien ressentir mais en même temps ça me plait. Je suis tiraillée entre deux extrémités de ma personnalité, par ce qu'elle est moi. Et je suis elle. C'est aussi simple.

Elle me permet de ne pas me sentir totalement seule, elle est là, elle me soutien dans un sens. Mais elle ne m'abandonnera jamais, elle ne me jugera jamais. Elle sait, ce que je vis, ce que j'endure. Et ce que j'ai pu ressentir.

Seulement j'ai déjà trop de sang qui tache mes mains et je lutte contre elle pour ne pas qu'elle s'en prenne à un autre. Je ne veux faucher que les âmes condamnées, celles qu'on ne peut sauver et non tuer par plaisir comme elle. Jamais je ne pourrais arrêter d'être moi, d'être Spencer, elle hante mes décisions, mes choix et mes envies. Elle est mon sens moral, l'Autre est impulsive.

Et c'est alors que je comprends, je suis le mélange entre l'Autre et Spencer, un mélange de justice et de vengeance, de peine et de bonheur, de sang et de compassion.

Il ne faut pas que je cède la place de mon corps au détriment de l'autre, sinon a lieu une bataille incessante.

Je suis elles, le gris. Car jamais rien n'est tout noir ou tout blanc, je suis une teinte de chacune. Je ne suis pas le mal incarné, mais je ne suis pas non plus quelqu'un de bien, je ne serais jamais un ange. Je suis plus que ça : je suis une incarnation mortelle de la mort.

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