Chapitre 1

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Par une douce nuit d'hiver, le temps semble s'être arrêté. Un monde froid mais tellement magnifique. Les lacs sont gelés, l'air tellement froid qu'une douce fumée blanche se fait voir, on dirait un petit nuage blanc, éphémère, même s'il ne dure que quelques secondes on peut en saisir toute sa beauté. Loin de la foule, on observe, sage, à nos heures perdues, ce paysage où le regard se perd, virevolte, voyage longtemps, dans un perpétuel mouvement, des gestes incessants. Inlassablement, on regarde, pour la dernière fois de l'année, un monde blanc, qui nous semble si pur, loin de tout. On voit l'innocence des enfants qui jouent avec la neige, se promènent main dans la main avec leurs parents, pour nous, inébranlables. Alors que l'on se perd, on sait, on se rappelle, que la réalité rattrape toujours nos rêves pleins d'espoir, et l'on part, en espérant ne jamais avoir à se réveiller. Un rêve, cette douce désillusion qui nous donne un échappatoire, fictif et si fragile, mais l'Homme ne peut se défaire de l'idée que le rêve peut devenir réalité. Il cherche alors, encore et toujours, le moyen de s'échapper, de fuir ses responsabilités, inventant de nouvelles choses et pensant se libérer des chaînes de la société, mais il pense, l'Homme est fait de pensées, et celles-ci amènent les rêves. Cependant, l'Homme ne fait pas que des rêves, il fait aussi des cauchemars, et ceux-ci sont les plus puissants, détruisant la personne, elle déjà fragile. Ils lui inspirent la peur, et la pousse à faire de terribles erreurs. Éteignant le feu grandissant de la passion et de l'espoir, ils sèment le doute, plus vite que tout. Certains disent que ce n'est que le châtiment réservé à ceux qui ne peuvent se défaire de leurs impuretés. Mais l'Homme lui-même est la chose la plus impure qui soit. Il blesse, il vole, il ment, et se satisfait de la souffrance qu'il inflige. Mais le plus grand défaut de l'Homme, c'est sa curiosité, qui le pousse vers cette cage dorée, qui se transforme petit à petit en une cage grise, vide, sans vie. Il franchit la barrière et se perd à jamais. On lui propose de découvrir l'échappatoire qu'il recherchait inlassablement, la porte vers un nouveau monde, et curieux, il accepte pensant qu'il pourra toujours faire marche arrière plus tard. L'Homme sait, mais il oublie bien vite, que chaque action est irréversible, et il se perd. Enfermé dans un miroir, transformé en une âme errante, le voilà bien malin l'Homme maintenant. Mais, ses semblables pensent de la même façon, et tour à tour disparaissent de ce monde que l'on connaît. Le temps passe et perpétuellement, on suit le même parcours, faisant les mêmes erreurs. Qui saura voir à travers nos chaînes que la liberté n'a pas de prix, que l'on vit déjà bien plus librement que ce que l'on croit ? Qui saura nous libérer de ce que l'on ne peut voir ? Qui pourra détruire en nous cette stupidité, cette cupidité ? Un jour l'Homme, j'en suis certaine, renaîtra de ses cendres et apprendra de ses erreurs, alors qui que vous soyez, je vous prie avec sincérité, sauvez l'imbécile orgueilleux qui pleure en silence, car il ne peut éteindre sa fierté et avouer qu'il a besoin d'aide. Sauvez le, je vous le demande, vous qui ne savez encore rien du monde, sauvez le de sa pitoyable destinée.






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