Chapitre 4, partie 3

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Bonjour les chatons, voici une nouvelle partie. Ca faisait longtemps, cette année je me sens dépassée à la fac, désolée !

Bonne lecture :)

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J'ai retrouvé Harry, devant la télé, on s'est blotti tous les deux sous une couverture bien chaude. Il dégage beaucoup de chaleur, et comme j'ai froid je me blotti encore plus contre lui. Et il passe son bras autours de mes épaules, exerçant une pression sur celles-ci afin de me coller contre lui.

J'ai éteins mon portable après être rentrée, je ne voulais pas entendre parler de Cole. Mais je lutte pour ne pas retourner le voir et m'excuser. Parce que, cette fois, ce n'est pas à moi de le faire.

Harry n'est pas au courant que j'ai passé la journée sous la pluie, à attendre Cole, il est rentré après moi, quand je revenais de chez lui. Il travaille maintenant, il est barista et d'après ce que lui dit son patron, il apprend vite et se débrouille bien. Je ne sais toujours pas comment il fait pour sortir. J'ai toujours aussi peur de me retrouver dans des lieux publics et bondés. Il m'a proposé de venir le voir, j'ai refusé à chaque fois.

Il est un prince depuis moins longtemps que moi, et pourtant, il semble mieux vivre avec cette partie de lui.

Dans ma tête c'est comme si on était deux parfois, l'une étant paniquée et révulsée et l'autre qui pardonne ses choix. C'est assez étrange comme sensation.

Parfois j'aimerais retourner dans le temps et mourir au lieu de devenir ce que je suis présentement. Mais ce n'est pas possible.

J'ai l'impression que je vis sur une ligne, elle s'efface derrière moi et me propose plusieurs embranchements devant moi, je n'ai pas le choix : je dois avancer sur cette ligne. A la manière d'un funambule qui doit aller d'un bout à l'autre d'une corde. Sauf qu'on ne refait jamais le chemin inverse.

Et j'aimerais sauter de cette ligne, me laisser tomber dans le vide. Que se passerait-il ? Il y a une chose qui est sure, même si j'en rêve un jour, je ne serais jamais un papillon violet.

Je me pose tant de questions depuis que je suis confrontée à la mort, de plus en plus, mais elles restent toutes, sans exceptions, sans réponses. Que se passe-t-il une fois qu'on est mort ? Est-on toujours conscient ? Nous réincarne-t-on ? Et si oui, à quelle époque, l'année après notre mort ou dix ans après ou un siècle après ? Et ça ce ne sont que d'infimes questions sur la mort en soit.

J'ai remarqué quelque chose d'étrange sur le compteur d'Harry, je me demande si il peut voir le mien d'ailleurs, quand il assiste à la mort de quelqu'un il gagne entre 10 jours et 5 mois de vie supplémentaire. Comment est-ce calculé ? Celui qui a bon fond fait gagner des points ? Et pire, si il gagne de la vie c'est que le compteur n'est pas juste ? Un peu comme les balances à aiguille, où celle-ci n'est jamais pile sur le zéro ?

Je tourne mon regard vers Harry, il est séduisant mais je divague, est-ce qu'il se pose les mêmes questions que moi ? Il semble si calme et paisible. Je suis quasiment certaine qu'il n'a jamais eu recours au second choix, tuer une autre personne.

Je vis mal à cause de ça, je vois les visages de ces personnes me hanter la nuit, j'en dors plus, j'en mange presque plus. Je ressemble à un monstre, intérieurement et extérieurement. Seulement, une infime partie de moi est fière des choix que j'ai pu faire, ce qui me rend encore plus détestable.

Ce qui m'effraie c'est qu'on fond j'y prends goût, à cette torture, à cette souffrance. Je suis ignoble.

Harry vient de se lever, car on a frappé à la porte. Je reste blottie sous la couverture, à la recherche de chaleur, j'ai terriblement froid, je commence à être fiévreuse.

Harry rejoins le salon accompagné, il a l'air irrité. Je regarde derrière lui, Cole.

- Il faut qu'on parle Spencer. Il est froid et dur avec moi. Je ne m'excuserais pas. Jamais. Pas pour ça.

Je le conduit, après m'être levée avec difficultés, dans la cuisine, où j'en profiterais pour prendre un thé bien chaud. Il me suit, mais garde une certaine distance entre nous.

Harry est retourné sur le canapé mais il nous regarde du coin de l'œil, et je le sens prêt à bondir sur Cole. Je n'ai jamais compris l'animosité qu'ils avaient l'un envers l'autre. On pourrait les confondre avec deux félins qu'on retrouve dans les documentaires animaliers : qui est le plus fort ?


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