J'ai trouvé quelque chose, et je ne sais pas quoi faire

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Avant de partager ça, je veux que mes lecteurs sachent que j'aime ma femme. Je l'aime plus que tout.
Nous avons eu des problèmes de couple ces dernières années. Elle voulait désespérément des enfants... Je pense que j'en voulais aussi, pour elle. Nous sommes allés dans des hôpitaux pour voir des docteurs et des thérapeutes. Elle pleurait et gémissait, et je la soutenais parce que je savais que c'était dur pour elle. Je la serrais dans mes bras, je l'embrassais et je lui promettais qu'on y arriverait.

Mais j'ai trouvé quelque chose.
Je lui ai fait un petit cabanon dans le jardin, une sorte de studio, pour qu'elle puisse peindre. Elle aime peindre. Mais je n'aime pas la déranger, alors ce studio est son refuge. Comme le sous-sol est le mien. Je ne sais pas pourquoi j'ai été si curieux, elle n'était pas là de la matinée, elle allait à une galerie d'art. Alors j'y suis rentré.

Seigneur, j'aime ma femme, mais ces peintures. Elles étaient... effrayantes. C'est le seul mot pour les décrire. Chacune d'entre elles représentait une famille ; un père, une mère... et un bébé. Et j'ai réalisé que c'était nous, souriant, nous prenant dans nos bras. Mais la ressemblance avec nous n'était pas ce qui me faisait peur. J'étais effrayé du bébé lui-même. Sur chaque toile le bébé était peint en rouge sombre, jurant de manière agressive avec la famille sereine derrière lui. Mais je pouvais toujours y distinguer un bébé, tellement petit...

Je n'ai pas arrêté de regarder autour de moi, et j'ai ouvert la porte du studio qui menait au petit bureau contenant les peintures et les pinceaux. J'ai ouvert ce bureau, et je ne pouvais pas comprendre ce que je voyais, je pense que je ne le comprendrai jamais. Je ne sais pas quoi faire, j'ai l'impression que je ne la connais plus. J'ai l'impression d'être marié à une étrangère. J'ai peur. J'ai vraiment peur.

J'aime ma femme... Mais ces petits corps. Ces fœtus écrasés, baignant dans ce sang sombre utilisé... Comme un putain d'outil. Il y avait tellement de ces petits corps écrasés... pourrissant dans ce bureau.

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