Je pars en courant pour éviter qu'il ne puisse me rattraper mais je n'ai même pas le temps de remonter sa rue que j'entends sa voix crier mon prénom. Il arrive près de moi les yeux injectés de sang.

Ils ne peuvent pas... souffle-t-il.

– Ils le peuvent. La preuve...

Mon cœur se serre quand je constate que Nathan pleure vraiment pour moi. Comment décrire la sensation que cela me fait de voir un homme pleurer parce que j'ai mis un terme à notre relation ? Certes ça me fait énormément de mal car j'ai vécu trop de choses pour tout oublier d'un coup mais pour lui et pour nous, c'est le mieux. Si on se quitte, tout ira mieux pour lui dans sa vie sociale comme dans sa vie professionnelle. Je ne peux pas m'imposer dans sa famille et leur promettre qu'avec moi il ne passera rien car ce n'est pas vrai, la preuve, je suis une fille qui a énormément de problèmes et maintenant j'en paie les conséquences en faisant souffrir l'homme que j'aime, ce qui me fait souffrir également. Nathan ne mérite pas une vie comme il a en ce moment. Il ne me mérite pas, tout simplement.

– Je ne veux pas qu'on arrête, Mari'...

– Nathan...

– Très bien. Donc on se voit demain au lycée, et c'est tout ?

Au lycée... si rien n'est foutu encore... soupiré-je.

– Rien ne nous dit qu'il va tout dire au proviseur et montrer cette putain de photo.

– Ah oui ? Il a appelé mes tuteurs, Nathan. Tu crois qu'il va se gêner ?

Il baisse les yeux et s'approche de moi avec hésitation sans rien dire d'autre concernant Ethan.

– Alors... à demain ?

– Oui...

– Je t'aime Mari'. Bien plus que tu ne le crois, crois-moi.

– Je te crois... je t'aime aussi, Nathan.

Je lui dépose un baiser sur la joue et me retourne pour rentrer chez moi quand je l'entends courir et se tenir devant moi.

Tu as cru que j'allais te laisser partir qu'avec un simple bisou sur la joue, mais tu es folle. Me dit-il en souriant.

Je lui souris également et enlace mes bras autour de sa nuque pour coller mon front contre le sien.

– Ensemble ?

Ensemble... murmure-t-il. On va y arriver, ça ne doit pas être bien compliqué...

Je ne sais pas... soufflé-je.

Il m'embrasse langoureusement, je laisse sa langue décider du mouvement de nos deux muscles et ce baiser m'envoie de l'électricité dans tout le corps, il est fait avec bien plus de passion que je ne l'imagine. Nous ne sommes que tous les deux dans la rue, pas même un chat se promène autour de nous, nous sommes tranquille, et c'est bien la première fois depuis des jours que je me sens bien mais je sais que cela ne va pas durer.

À demain ?
– Oui. Acquiescé-je.

Je lui tourne le dos et rentre chez moi, le laissant seul affronter de nouveau sa famille. Je ne sais pas comment toute cette histoire va se terminer mais demain nous verrons bien ce qui a été dit sur nous et j'espère au plus profond de moi que Ethan s'est retenu, il a déjà causé assez de malheur jusqu'ici.

POINT DE VUE DE NATHAN.

J'éteins mon réveil avec agacement et plonge ma tête dans l'oreiller. Quelle nuit horrible, si je peux appeler ça une nuit. Je n'ai presque pas fermé l'œil à cause de mon bras qui me faisait horriblement mal et Marilys est partie hier soir avec les anti-douleurs et les calmants dans son sac sans faire exprès puis la bataille familiale avec ma mère et tout le monde contre moi a encore duré après mon retour. Quelle merde. Je me lève pour rapidement me préparer et à mon plus grand bonheur, ma mère et mon beau-père sont partis travailler. Je n'ai pas à les croiser de bon matin ce qui va me donner une chance de pouvoir bien me réveiller. Ce week-end est passé au ralenti. J'étais bien chez Marilys quand on peignait tous les deux le mur de sa chambre en riant comme des enfants ou encore en prenant une bonne douche avec elle. Tout ça était amusant, nous étions inconscient de ce qui aller suivre, bien évidemment. Je soupire en avalant d'un trait ma tasse de café et pars pour une journée qui, j'espère va bien se passer même si dans le fond, j'en doute énormément. Pitié, Ethan. Ne dis rien, je t'en supplie.

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