Chapitre 29. L'explication.

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Morgan n'arrivait plus à parler. Sa bouche était engourdie. Son corps était engourdi. Pourquoi fallait-il que cet enfoiré de Davenport ressurgisse au moment même où il vivait des instants aussi merveilleux avec Edern ? Parce qu'il était dans la vraie vie et qu'elle foutait un royal bordel, qu'elle éprouvait les gens en permanence.

— Je suis fou de rage, déclara Edern sur un ton lugubre. Mais contre moi. Donc tu ne le vois pas, tout se déroule à l'intérieur. Après tout, je t'avais laissé. Tu pouvais bien continuer ta vie à New York. Ta vie sexuelle, je veux dire.

— Nooon, hulula Morgan, avec difficulté. Non. Je croyais en toi. Je croyais à ton retour vers moi. La preuve, tu es là. Pourquoi serais-je allé me taper un mec aux USA alors que nous nous envoyions des mails pleins d'espoir ?

— Parce que tu pouvais avoir peur que je me défile au dernier moment.

— Non, répéta Morgan. Non. Arrête ! Je n'ai jamais couché avec ce mec.

— Tu m'aimes, petit poulain ?

— Quelle question de merde ! Je t'interdis de douter de moi !

— Toujours aussi sauvage, fit remarquer Edern avec un sourire triste.

— Et toi, toujours en train de douter ! Merde, est-ce que tu me crois quand je te dis que je n'ai jamais eu aucune relation sexuelle avec ce type ? Réponds ! s'écria Morgan, en serrant les poings.

— Tes yeux sont encore plus noirs qu'à l'ordinaire. Tu me fais presque peur. Je te crois, Morgan. Tu me respectes trop pour mentir.

— Oh, merci, souffla Morgan, incroyablement soulagé, et la tension retomba d'un cran.

— Pourquoi ce Davenport a-t-il dit ça ? Il n'avait pas l'air de blaguer.

— Il ne blaguait pas, en effet. Il se vengeait, comme ferait n'importe quelle pourriture dans son genre. À mon avis, il a appelé pour me menacer. Quand tu as répondu, il a dû se douter que le protecteur de la photo de l'expo, c'était toi ou tu lui as dit et il en a profité.

— J'ai dit que j'étais ton compagnon, oui, confirma Edern.

— Alors tout s'explique. Il a voulu foutre la merde entre nous, grinça Morgan.

— Pourquoi il ferait ça ? demanda Edern en fronçant les sourcils, l'air inquiet. Qu'est-ce qui s'est passé, avec ce type ?

— C'est une saleté, dans le même style que Stephen, le mannequin. En moins homophobe, en plus gay, en plus riche mais aussi con.

— Morgan, qu'est-ce qu'il a fait ? insista Edern.

— Il a... purée, fit Morgan en se passant la main sur le front. Je voulais oublier, je comptais ne jamais te parler de ça, il n'y a eu aucune conséquence sur mon intégrité physique. J'imaginais bien des représailles au niveau professionnel mais Veronica surveille et gère.

— Ton intégrité physique ? reprit Edern, tout pâle. Précise, petit poulain. Tout de suite.

— J'ai rencontré Davenport lors du vernissage, raconta Morgan. Belle gueule, poli, artiste plein aux as. Nous avons parlé de mon art, il m'a invité dans sa propriété du New Jersey. Nous avions bu. Note bien que ce n'est pas une excuse, hein, parce que moi, je ne lui ai pas touché la bite et lui si. J'étais confiant, Veronica savait où j'étais et je n'aurais jamais imaginé qu'il insiste alors que je disais non.

— Il a voulu te violer ? grogna Edern, féroce.

— Je me suis défendu. Je l'ai repoussé et je lui ai démoli le pif, déclara fièrement Morgan.

Au creux de tes brasLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant