Le mur démoli s'ouvrait sur le désert et Rebecca s'inquiéta d'être perdue au fin fond du Texas. Elle pouvait en avoir pour des jours de marche avant de trouver un téléphone. Elle se précipita à l'extérieur pour vérifier. Aussi loin que portait son regard, il n'y avait qu'une sorte de steppe aride et stérile. La maison en torchis, ou quelque chose d'approchant, était la seule à portée de vue. Le soleil cognait dur et sa peau comme ses yeux lui rappelèrent que cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas mis les pieds dehors. Elle rentra donc, en remplissant de nouveau sa bouche de chips. Il fallait qu'elle fasse le point.

Une base déportée de la LOTUS, même en plein désert, avait forcément des moyens de communication. Elle chercha donc dans les décombres une radio, un téléphone ou quoi que ce soit pouvant remplir la même fonction. Elle trouva bien une radio de type militaire mais, bien sûr, elle était hors d'usage. Il n'y avait rien qui puisse lui servir à contacter l'extérieur. Elle ressortit et entreprit de faire le tour de la maison. Ils étaient bien venus de quelque part, se dit-elle. Ils devaient donc avoir un moyen de transport.

Rebecca trouva effectivement une jeep, à l'arrière de la maison. Calcinée. Ils n'avaient pas fait les choses à moitié. Mais pourquoi l'avoir laissée en vie ? C'était des ennemis de la LOTUS. Pas les siens. Peut-être avaient-ils jugés que la prisonnière de leur ennemi était leur allié ? Ou du moins qu'elle ne valait pas une balle. La jeune femme allait se creuser la cervelle pour répondre à cette interrogation lorsqu'elle réalisa ce qui ne manquerait pas d'arriver dans les minutes ou les heures à venir. Les renforts allaient arriver !

Elle n'avait pas une seconde à perdre. Si elle était bel et bien dans le désert du Chihuahua, ils pouvaient être là en quelques heures en hélicoptère. Elle estima avoir été inconsciente pendant au moins deux heures, puisque le soleil était déjà haut dans le ciel. Ils ne tarderaient pas.

Réfléchissant à toute allure à ce qu'elle devait faire, Rebecca ôta les chaussures du troisième soldat, le plus petit, et les enfila. Elles avaient bien deux pointures de trop, mais ce serait toujours mieux qu'être pieds nus pour affronter le désert. Elle se rua ensuite dans le garde-manger et attrapa deux grandes bouteilles d'eau qu'elle glissa dans un sac à dos qu'elle alla récupérer dans le dortoir. Le sac était grand, elle y plongea une nouvelle bouteille puis rempli l'espace restant avec des barres protéinées et des compotes de fruits. Elle fit les poches de Léonard, lui déroba sa montre, une boussole et un couteau. Elle rafla un pistolet sur le sol et chercha un chargeur qu'elle ne trouva pas.

— C'est pas vrai, s'exclama-t-elle. Où vous planquez vos munitions ?

Elle courut comme elle put, malgré les chaussures trop grandes et ses douleurs généralisées, vers le niveau inférieur et alla jusqu'à l'autre bout du couloir. Il y avait là un autre escalier qui s'enfonçait dans le sous-sol. Elle hésita de longues secondes avant de s'y engager. La lumière blanche éclairait parfaitement, il n'y avait pas de danger visible. En bas, de nombreux couloirs partaient dans toutes les directions. Elle ne put voir la fin d'aucun et perdit espoir. Jamais elle ne trouverait l'armurerie, pensa-t-elle en ouvrant la première porte à sa droite : un minuscule laboratoire de chimie. Elle ouvrit la porte juste en face et éclata de rire : l'armurerie était là, mais vide ou presque. Voilà ce qu'avaient voulu les mercenaires : les armes. Elle attrapa rapidement trois chargeurs et autant de grenades, ainsi qu'une lampe torche. Il ne restait que des munitions de petits calibres. Vu la taille de la pièce, les voleurs avaient dû repartir bien chargés.

Sans perdre une seconde supplémentaire, elle remonta et jeta les chargeurs dans son sac avant de le passer. Elle prit une casquette LOTUS qui trainait par terre ainsi que des lunettes à verres fumés et rayés, puis dégoupilla les trois grenades. Elle balança rapidement la première dans l'escalier et les deux autres derrière elle lorsqu'elle quitta le bâtiment. Elle ne s'attarda pas pour voir le résultat et s'élança à l'assaut du désert du Chihuahua. Après une dizaines de pas à vive allure, elle entendit l'explosion et se courba pour atténuer le souffle. De la poussière vola jusqu'à elle, mais rien de dangereux. Elle avait le sourire aux lèvres. Là encore, cela n'avait servi à rien, pourtant elle se sentait mieux de l'avoir fait. Elle avait détruit une base de la LOTUS et était libre.

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