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Base de la LOTUS, Salal, Tchad...
10 aout 1995, 01h12...

Le FBI avait retrouvé sa trace ! Ce fut sa première pensée. La délivrance était pour bientôt. Non seulement elle n'aurait plus à subir les coups, mais elle allait enfin revoir la lumière du jour. Sans vraiment s'en rendre compte, Rebecca se mit à pleurer. Les larmes s'écoulaient en flot continu. Le soulagement avait fait s'effondrer le barrage qui les avait retenues si longtemps. Aucun sanglot ne venait cependant les accompagner et elle se mit à hurler pour signaler sa position. Les coups de feu s'arrêtèrent très rapidement. Ernie devait être seul ici, une équipe du SWAT ne pouvait en faire qu'une bouchée.

La jeune femme était dans un état d'excitation tel qu'elle en souffrait. Ses poumons semblaient sur le point d'exploser et son cœur battait à un rythme auquel elle n'était plus habituée. Elle continua pourtant de crier en cognant contre la porte pour que ses sauveteurs la repèrent plus facilement. Elle finit par entendre le bruit des bottes martelant le sol et comprit qu'il était inutile qu'elle continue de s'abimer les mains sur le métal du battant. Elle recula de plusieurs pas, sans pour autant se taire. Ils allaient probablement défoncer la porte alors elle se décala. Elle entendit des voix mais ne comprenait pas ce qu'ils se disaient.

— Je suis là, hurla-t-elle de nouveau. Allez-y ! Enfoncez la porte, c'est bon.

Il y eut un court silence puis un coup timide sur la porte. Rebecca se couvrit le visage par précaution, parfois les gars du SWAT y allaient un peu fort. Le second coup fut bien plus puissant et un nuage de poussière se souleva lorsque le panneau s'écrasa au sol. La jeune femme toussa quelques secondes avant de chercher du regard ses sauveteurs. Elle les aimait tellement, à ce moment. Sa déception fut donc d'autant plus grande lorsqu'elle découvrit une bande de mercenaires habillés comme des bergers arabes, cagoulés et armés jusqu'aux dents. Ils lui parlèrent dans une langue qu'elle ne comprenait pas et la pièce se mit à tanguer dangereusement. Elle allait encore finir dans un cachot, pensa-t-elle avant de perdre connaissance.

Les mercenaires ne lui prêtèrent pas plus attention. Ils vérifièrent que la pièce ne possédait pas d'autres sorties. L'un d'entre eux indiqua le seau d'excréments et ils échangèrent quelques mots avant de déserter les lieux.

Lorsque Rebecca reprit connaissance. elle hésita un long moment avant de rouvrir les yeux, inquiète de savoir où elle aurait encore atterrit. Prenant son courage à bras le corps, elle se redressa et tenta de discerner quel genre d'endroit la retenait prisonnière cette-fois. Elle fut surprise de reconnaître le décor familier de sa cellule. Les envahisseurs ne lui avaient rien fait ! Le soleil déversait déjà une faible lumière dans la pièce.

Elle se mit rapidement sur pieds et se tâta afin de vérifier qu'aucune blessure ne lui avait été infligée. Elle se sentait aussi bien que la veille. Manifestement son intégrité physique avait été conservée.

— C'est quoi ce bordel ? ne put-elle s'empêcher de formuler à voix haute.

Des inconnus avaient débarqués dans la base de la LOTUS, déguisés en arabes du désert, et l'avaient laissée là. Ça n'avait aucun sens.

Elle se reprit cependant assez rapidement. Ses questions devraient attendre. La porte était absente et aucun garde ne semblait l'attendre. Elle s'empressa donc de quitter sa prison avant que les choses évoluent dans le mauvais sens. Le couloir était désert et menait vers quelques marches d'où provenaient la lumière du jour d'un côté, et d'autres marches descendantes, éclairées par un néon de l'autre. Elle passa devant la salle de bain, la cuisine et son ancienne cellule. Elle découvrit deux autres pièces non utilisées et monta l'escalier d'angle. Au niveau supérieur, il y avait trois pièces. La première, donnant sur l'extérieur, était un véritable champ de bataille. La porte avait littéralement été soufflée par une explosion. Le mur qui l'avait soutenue était largement noirci par la chaleur de la déflagration. Il y avait trois corps criblés de balles. Elle reconnut sans peine Léonard et Ernie. Ainsi, Léonard n'avait jamais vraiment quitté les lieux. Il avait simplement arrêté de venir la voir pour laisser la place au gentil afin qu'il fasse son numéro. Sans s'expliquer pourquoi, elle cracha sur sa dépouille et lui asséna quelques coups de pieds. Il ne pouvait rien sentir évidemment. Et même si cela la soulageait de se défouler sur cette ordure, ses pieds nus lui rappelèrent vite qu'elle se faisait plus de mal qu'elle n'en infligeait. Le troisième larron lui était totalement inconnu, en revanche. Tous trois portaient un uniforme clair de la LOTUS. Ce n'était donc pas une grosse perte, pensa-t-elle. Elle se rendit rapidement dans les deux autres pièces pour vérifier qu'elle était bien seule dans la base. Ou du moins ce qu'il en restait. Il y avait un garde-manger, bien rempli même si saccager également, et une salle de repos avec trois lits de camp renversés. Rebecca rafla un sachet de chips qu'elle s'empressa d'ouvrir, puis enfourna une pleine poignée dans sa bouche avant de retourner dans la salle principale.

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