Chapitre 21

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Pdv Mouhamed Lamine Haïdara

Oui, je l’ai suivi. Je ne pouvais pas aller à l’hôtel après avoir failli être arrêté par la police, et le spectacle que Moustapha nous a fait honneur tout à l’heure n’encourage pas non plus. Je suis dans un pays étranger dont je ne sais pas comment fonctionnent les lois, autant me faire discret.

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On vient d’arriver chez lui, et franchement ce n’est pas comme je l’avais imaginé. Le connaissant, j’aurais parié pour une décoration d’Halloween chez lui, mais étonnamment tout était nickel : les lumières, le choix des meubles, tout était comme chez une personne normale, saine d’esprit. À un moment, je pensais qu’il m’avait amené chez une autre personne, jusqu’à ce que je voie une vieille dame d’une cinquantaine d’années se diriger vers nous au salon, et ce n’est pas le plus étonnant…

Lamine : (inquiet) Maman, je t’avais dit de rester dans la chambre, merde…

La Dame : Pas de gros mot dans cette maison.

Moustapha : (rire) Désolée maman. (en l’aidant à prendre place sur un des canapés) Je l’ai acheté comme tu l’aimes. (sourire)

Il dépose le plastique qu’il avait en main devant elle sur la petite table du salon avant de se diriger vers une pièce, puis revient quelques minutes après avec une assiette, une fourchette et du jus qu’il dépose devant elle, avant de la servir la viande grillée qu’il avait achetée.
J’hallucine. Moustapha serviable… Il était donc sorti acheter ça pour elle.

Ça se voit que cette femme compte à ses yeux, et vu la façon dont il l’a appelée « maman », j’imagine que c’est la femme qui l’a élevé.

La femme : (sourire) Et vous êtes ?

Moi : Je m’appelle Lamine.

La femme : Vous êtes un ami de mon fils ?

Moustapha : C’est juste un SDF que j’ai eu pitié de sauver sur la route. (rire)

Non 🤨. Il ne lui a donc pas dit la vérité. Mais est-ce qu’elle sait au moins qu’il a un jumeau ? Ou tout le ravage qu’il a causé en dehors de ses murs ?

La femme : (rire) Toi, je ne t’ai rien demandé, enfant mal éduqué.

Moustapha : (rire) Heureusement que tu ne pourras pas partager le mérite avec une autre femme. Lui, c’est Mouhamed Lamine Haïdara, un ami de longue date. N’est-ce pas, Haïdara ?

Je fronce les sourcils, un peu étonné. Ami ou meilleur ennemi ? Mais vu la situation, je joue le jeu pour détendre l’atmosphère.

Moi : (sourire) Exact.

La femme : Étonnamment, pour une fois, j’aime bien un de ses amis. D’habitude, ses soi-disant amis ne m’inspiraient pas du tout confiance. Et si je n’avais pas vu Moustapha grandir, j’aurais juré que vous étiez frères, tellement vous vous ressemblez…

Moustapha : (fronce les sourcils) Alors là, c’est une première.

On se lance un regard en fronçant les sourcils, genre « moi et cette mocheté » 😅, avant de détourner le regard et de faire comme si on n’avait rien entendu.

"les murmures d'une orpheline"  [ TOM 2 ] Où les histoires vivent. Découvrez maintenant