Un amour de robot

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Prenez un instant pour imaginer le futur. N'allez pas trop loin : juste assez pour que les robots soient des personnes à part entière mais pas au point que ça soit totalement banal. Vous y êtes ? Alors vous êtes prêt à suivre l'histoire de RAAC 7, un robot tout ce qu'il y'a de plus ordinaire, menant une vie on ne peut plus classique.

Mais sachez-le : maintenant c'est du passé

RAAC 7 n'a pas toujours porté ce nom. Avant, il s'appelait RSMAC 459 : Robot de Soutien et de Manutention Autonome sur Chantier, et avant cela encore RACARR 14 : Robot d'Aide Culinaire Affecté à la Restauration Rapide. C'était des petits boulots peu passionnants, mais RAAC 7 s'en satisfaisait.

Comme la plupart des siens, il utilisait principalement ses sous routines de programmation pour effectuer son travail tandis que le reste de son processeur pouvait s'occuper en sillonnant l'HyperNet via le réseau sans fil. Il avait donc put lire une quantité impressionnante de livres, et regarder tout ce qui avait pu se faire comme films depuis les 50 dernières années tout en déplaçant des structures métalliques du hangar A au hangar R3 ou bien en préparant 3 double super "yum-yum" sans gluten.

C'est lors d'un de ces moments que RAAC 7 découvrit ce qu'il voulait véritablement faire dans la vie. Fini de bouger les containers de plusieurs tonnes sur un chantier crasseux, fini de faire cuire des steaks à moins de 18% de matière grasse, fini les journées solitaires entouré d'autres machines n'ayant même pas une I.A suffisamment développée pour avoir une conversation.

Car ce que les livres et les films lui avaient appris, c'était qu'au fin fond de ses unités logiques matricées se trouvait pour RAAC 7 le profond désir d'être un Gigolo.

Parvenir à ce résultat n'était pas simple lorsque votre corps est composé d'une unité principale de 8 mètres de haut équipée de moteurs ioniques à demi phase, capable de tracter plus de 90 tonnes de matériaux en tout genre sur des kilomètres. RAAC 7 décida donc d'économiser autant que possible afin de réunir la somme requise à l'acquisition d'un nouveau corps cybernétique plus adapté à ses nouvelles aspirations.

Ambitieux, il savait qu'il devait miser sur le must : pas de demi-mesure, son rêve il voulait le vivre en grand. C'est donc au bout de 36 ans de privation qu'il parvint à réunir la somme requise afin de se payer une enveloppe Sigmatek haute performance, faisant de lui un véritable cyberplayboy qu'on appelait maintenant RAAC : Robot d'Accompagnement Affectif et Charnel.

En payant un petit supplément au bureau d'enregistrement des mises à jour robotique, et après avoir parlementer avec RSTA 9, la secrétaire du bureau pendant d'interminables nano secondes de transactions en protocole binaire, il avait pût obtenir le matricule 7, en référence au 7ème ciel, chiffre qui lui semblait indispensable au futur Don Juan qu'il voulait devenir.

RAAC 7 gagna un peu d'argent en revendant son ancien corps et pu ainsi se payer les accessoires requis pour tout gigolo, à savoir une belle voiture et une garde-robe d'exception. Il avait cependant gardé un peu de son magot pour acheter des extensions de programme ainsi que des mises à jour de plusieurs de ses unités logique. Fin du fin, il avait fait recompilé son noyau pour optimiser son fonctionnement émotionnel par le plus grand démo codeur du monde, un homme charmant qui se passionnait pour les sous-vêtements féminins usagés dont il faisait une fascinante collection dans des pochettes transparentes elles même rangées dans de grands classeurs.

Cette fois ça c'était bon : RAAC 7 était prêt à se lancer, à devenir enfin celui qui était en phase avec ses circuits depuis toujours.

Il chercha sur l'HyperNet un site qui lui permettrait de contacter ses premières clientes. Sa licence était en règle et lui aurait permis de travailler comme salarié d'une agence, mais RAAC 7 avait voulu être freelance, il ne pouvait donc pas utiliser le portail principal des robots escort. Cela ne le dérangeait pas outre mesure : même s'il était moins payé, il voulait sa liberté de pouvoir exercer son nouvel apostolat dans les conditions qui lui plaisait.

Le défi BradburyLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant