L'exorcisme d'Anneliese Michel

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Une jeune bavaroise de 23 ans, vivant à Klingenberg, encore domiciliée chez ses parents, et qui, à première et seconde vue, a tout pour vivre heureuse. Nous sommes dans les années 60, son père est du genre viril, c'est un patriarche comme ils le sont à peu près tous en ces lendemains de guerre, sa mère est portée sur le bon Dieu et le diable, soumise à l'autorité de son mari, à eux deux ils éduquent leur quatre filles, Gertrud, Roswitha, Barbara et notre Anneliese avec toute la rigueur dont est capable une famille bavaroise digne de ce nom. Cela ne veut en aucun cas signifier que les coups de ceinturon pleuvent, que le conditionnement éducatif renvoie celui d'un instructeur Marines au jardin d'enfant, non, c'est juste qu'ici, sous ce toit, comme sous bien d'autres, on a des valeurs et on fait tout pour les respecter et les faire respecter...

Bientôt, l'une des quatre filles va cumuler les malaises, tant physiques que psychologiques, et autant dire de suite que l'on n'a point l'habitude de cela dans la famille Michel, que le médecin de famille en est alors avisé sans tarder, auquel s'ajoute deux ou trois rosaires et une commande de prières auprès de l'ecclésiaste le plus proche... Mais les problèmes persistent, périodiques, à intervalles plutôt irréguliers, les symptômes sont violents, et l'ensemble de ce qui fait hurler de douleur la douce Anneliese dépasse très vite les proches, l'entourage. La jeune femme tantôt ni ne mange ni ne boit, ne dort plus, voit de plus en plus de "Fratzen" (apparitions démoniaques) et s'agenouille, se relève en un rythme effréné que le yogiste chevronné peinerait à reproduire sans se luxer une bonne fois pour toute les rotules. Comme dirait l'autre et pour le lecteur que je fus : c'est édifiant, troublant, on est sidéré par les témoignages, les "soins" alors envisagés lorsque Anneliese, touchante au possible, se met à proférer des insanités, hurle véritablement tous les noms des démons des Enfers... Tout ceci se passant dans ce village de 300 âmes, férues de religion, de superstitions...

L'exorcisme. Le mot est lâché. Il convient d'exorciser Anneliese Michel.

Un combat commence, pour deux guerriers de Dieu : le Père Alt et le père Renz. Anneliese suivra en parallèle plusieurs tentatives de traitements relativement lourds, à base de calmants, de cachets pour contrer ce que les médecins estiment être des crises d'épilepsie, et des gélules pour soigner une hystérie épisodique...

Qui aura le dernier mot, les Pères ou les médecins ? Aucun des deux à dire vrai. Ce qu'il faut retenir est que la tendre Anneliese s'éteint à l'âge de 23 ans, en 1976, asséchée...

C'est là que, malgré un procès retentissant où les psychiatres et éminents spécialistes vont témoigner, arguant que Anneliese n'aurait jamais trouvé une issue fatale si elle avait suivi leurs soins et leurs thérapies, c'est là que, disais-je, j'ai sourcillé, comme a sourcillé une autre scientifique, l'auteure elle-même, en reprenant point par point les témoignages de gens tout à fait étrangers à Anneliese. D'abord, ces odeurs pestilentielles qui se dégageaient de la jeune fille, et sentie par des touristes, des badauds ; ensuite : le « fait » qu'aucune cure médicamenteuse n'ait pu provoquer une telle détérioration physique (visage émacié à l'extrême, cernes...) enfin le « fait » que le cerveau d'Anneliese, au terme de l'examen post-mortem, ne présentait aucune lésion, aucune anormalité neurologique particulière qui aurait démontré que la jeune femme était totalement "hystérique", malade mentale...

Félicitas D. Goodman ne ratifie pas dans un sens ou dans l'autre, elle laisse le lecteur le soin de conclure, lui donne à lire et à découvrir un nombre considérable de pièces tirées du dossier Michel. Le cerveau humain est-il capable de plonger un être vivant dans de tels tourments ?, oui c'est probable quand on sait que pas même 1% de ce cerveau est utilisé durant toute une vie... Mais alors, le cerveau est-il capable de déclencher des "odeurs", pestilentielles qui plus est ?, ... Là le silence d'un magnétophone qui tourne à vide est la seule réponse. Magnétophone, tiens, parlons-en justement : il y a les enregistrements des "exorcismes", que l'auteure, linguiste rappelons-le, a passé beaucoup de temps à étudier. Malgré toutes ses connaissances, elle dit être tombée de sa chaise plus d'une fois, certaines émissions vocales dépassaient ce qu'elle pouvait comprendre et analyser...

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