La soirée s'était terminée sans drame. Malgré quelques réticences des deux dernières à rejoindre leur lit, ainsi que leurs mille excuses afin de retarder ce moment. Elles avaient fini par céder, la fatigue plus forte qu'elles n'auraient voulu l'admettre. Zach, pour sa part, était rentré dans cet âge où les ordres étaient défis. Après une promesse d'aller se coucher un peu plus tard, qu'il avait soupçonné manquer de sincérité, l'aîné l'avait laissé rejoindre sa chambre, téléphone en main. Toute l'agitation n'avait pas suffi pour extirper Charlie de sa nouvelle séance d'investigation. Il s'était remis à l'analyse de son passé, de son récit sans mal. Akeru n'avait pas estimé avoir quelconque ordre à lui donner, alors il l'avait laissé là, partant se coucher. Sa confiance n'était pas encore gagnée, mais les douleurs cervicales découlant de sa fatigue eurent raison de lui. Il ne pouvait pas le surveiller sans cesse.
La nuit fut calme. Il n'eut pas à combattre pour trouver le sommeil cette fois. Son esprit était submergé de nouvelles informations, quand bien même il ne les avait pas toutes comprises. Sans se douter, que le blond n'avait pas eu le même repos. Sa nuit fut chargée à lire. Encore et encore, sans s'arrêter. Jusqu'à ce que ses yeux ne brûlent de fatigue. Que son cerveau n'arrive plus à gérer la moindre donnée. Il s'était écroulé sur la table, dans une position qui n'aurait fait pâlir personne de jalousie. Il s'était pourtant réveillé à l'aurore. Tout son être conditionné à se réveiller à cette heure. Un majordome se devait d'avoir tout rangé avant que son maître ne se réveille après tout. Il fut simplement surpris du plaid qui avait été posé sur ses épaules. Il ne savait pas d'où ou de qui venait cette intention, mais cela fit naître l'ombre d'un sourire.
Fatigué et courbaturé, il ne pouvait pour autant pas rester à rien faire. L'idée même de simplement rejoindre son lit de fortune ne lui avait même pas traversé l'esprit. Il restait perdu dans tout ça, sans réponses, mais son esprit ne se calmait que lorsqu'il se sentait utile. On lui offrait un refuge quand il n'en avait aucun, et il ne pouvait pas simplement en profiter. Il s'était donc mis à ranger, dans le silence le plus complet. Il n'avait aucun mal à perpétuer toutes les habitudes qui faisaient de lui le meilleur des majordomes pour sa maîtresse. Calme et méticuleux étaient ses mots d'ordre. Il n'avait jamais vraiment été un majordome classique. Quand la norme demandait une administration de la maison et du personnel, lui se devait d'être partout. Tout ce qui touchait Erika de trop prêt, c'était lui qui s'en occupait. De son repas, de son linge, de l'entretien de sa chambre et de son bureau. La sécurité était telle, qu'aucun autre domestique ne devait s'approcher trop d'elle. Il jouait aussi le garde du corps, ainsi que l'habilleur. La jeune femme, était en quasi-totalité dépendante de lui. Mais ce n'était pas un fardeau pour lui. C'était le rôle qui lui avait été confié. Sa vie était en totalité dédiée à Erika et à son bien-être.
Après une petite heure, alors que tous dormaient encore, tout le rez-de-chaussée était impeccable. Du plafond au sol. Nettoyé et rangé, sans effacer la petite touche personnelle de la famille. Avec ses souvenirs de la veille, il avait fouillé dans les placards. Il y découvrait tout un tas de choses qui étaient des mystères à ses yeux : les aliments étaient pour la plupart emballés et non identifiables. Il avait donc choisi ce qu'il connaissait.... Et ce dont il se souvenait d'hier aussi. Tombant sur du pain de la veille laissé de côté, son choix fut assez simple. Du bruit se faisait entendre à l'étage, il s'était donc mis à la tâche... Et quelques minutes plus tard, après apprivoisement de la gazinière qu'il avait appris à manier la veille seulement, son pain, enrobé d'une préparation à base d'œuf, de lait et de sucre, crépitait dans la poêle. L'odeur sucrée embaumait la pièce, rappelant au blond un matin qu'il n'aurait su dater. Il avait dressé la table, attachant beaucoup d'attention aux détails, malgré le statut de ceux pour qui elle était.
Et il entendit enfin des pas dans les escaliers. Des pas lourds, qui faisaient plus penser à ceux d'un adulte, descendant les marches. Le soleil remontait doucement sa lueur à travers les rideaux du salon. De ce qu'il avait déjà compris, l'oncle ne revenait qu'en milieu de matinée pour emmener les enfants à l'école... Il s'agissait donc d'Akeru. Il ne savait toujours pas comment agir avec lui. Relevant le regard, s'étant préparé mentalement, il se confronta finalement à une toute autre personne. C'était un visage qu'il n'avait jamais vu. Une jeune femme aux cheveux noirs ébouriffés et tombant sur ses épaules. Leurs regards se croisèrent un instant, avant qu'elle ne le toise assez méchamment.
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L'éclat des invisibles
ParanormalEt si le personnage de votre roman préféré apparaissait dans votre vie ? Akeru ne pensait pas qu'un simple livre pouvait bouleverser le réel. Pourtant, face à lui, dans un monde qui n'est pas le sien, se tient Charlie. Un majordome venu d'un autre u...
