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Avant de commencer, je me dois de vous prévenir que certaines scènes pourraient vous déplaire dans ce chapitre.
Certaines scènes sont décrites un peu crûment. Pas de viol à l'horizon, mais un peu de violence, âmes sensibles attention donc ;)

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Après une journée entière sans contact, puis une seconde, elle reçut une nouvelle visite de son bourreau. Le fameux Léonard lui balança une petite bouteille de vingt centilitres. Rebecca était épuisée. Elle avait soif, en effet, mourait de faim et souffrait de la chaleur. Tout ce temps dans cette cellule, sans parler à qui que ce soit, sans une goutte d'eau non plus, elle avait cru ses dernières heures arrivées. Elle n'avait malheureusement pas eu cette chance. Après avoir aspiré le dernier reste de liquide, elle reçut une nouvelle gifle magistrale. Son corps était déjà affaibli. Entre sa blessure, causée par le vampire et la déshydratation, elle n'avait pratiquement plus la force de se tenir droite.

Elle tenta malgré tout de se remettre sur son séant, essuyant sa lèvre inférieure sur laquelle collait un peu de terre battue. Elle releva faiblement la tête vers Léonard qui lui enfonça violemment sa ranger dans le ventre. Le souffle coupé, elle ne put crier pour extérioriser sa douleur. Elle s'étala de nouveau dans la poussière et sentit une pointe de cuir coqué cogner durement ses côtes, puis son dos, ses cuisses, même ses pieds. Par chance, ou à dessein, elle ne prit aucun coup à la tête. Son crâne volait pourtant régulièrement et se cognait contre le sol à cause des spasmes dus aux autres coups.

Elle ne savait même pas ce que ce type lui voulait. Au tout début, lorsqu'il s'était présenté à elle comme son futur cauchemar, elle avait craint pour son intégrité sexuelle. Ce n'était finalement pas forcément ce qui intéressait ce forcené. Il semblait prendre plaisir à la rouer de coups sans prononcer le moindre mot. De temps en temps, elle rouvrait les yeux et apercevait son sourire. Il aimait son métier, manifestement.

Le temps sembla s'étirer. Il faisait régulièrement des pauses, lui tournant autour en la regardant geindre doucement, tant la souffrance pompait le peu d'énergie qu'elle avait. L'agent du FBI s'étonnait de ne pas pleurer, mais le manque d'eau était peut-être la raison de l'absence de larmes, après tout.

Au troisième arrêt, Léonard s'accroupit dans un coin de la pièce et sortit un paquet de cigarettes pour s'en griller une. Tout simplement. Rebecca rampa aussi loin qu'elle put de lui. Environ trois mètres plus loin. Son corps n'était qu'une immense contusion et une migraine atroce lui barrait le front. Son nez saignait dans sa bouche, mais elle ne s'en préoccupa pas. Elle allait mourir, de toute façon. Elle aurait préféré mille fois une balle dans la tête. Ce qu'il faisait, c'était de la torture. Mais il ne lui avait posé aucune question ! Elle aurait volontiers avoué quelque chose. N'importe quoi, pourvu que ça s'arrête.

— Posez-moi une question, parvint-elle à articuler. Je parlerai.

Elle regretta aussitôt ses paroles. Léonard tira sur sa cigarette et se releva pour la rejoindre. Elle tremblait de tous ses membres, craignant tout ce qui pouvait advenir. Rien de bon, assurément. Le soldat s'accroupi et plaça son visage à hauteur de celui de la jeune femme en piteux état. Il inspira une nouvelle bouffé de tabac avant d'écraser son mégot sur le dos de la main de Rebecca. Elle hurla en tentant de le repousser, mais il ne broncha pas avant que le rouge n'ait complètement disparu et que la cigarette ne soit éteinte. Elle avait tenté de le griffer et il se vengea avec une nouvelle gifle. La force de l'impact fit rebondir la tête de la jeune femme contre le mur de pierre. Le choc lui fit perdre connaissance immédiatement et elle s'effondra dans une position peu naturelle.

Léonard lui souleva la tête par les cheveux pour vérifier son état. Elle avait un œil tuméfié, les lèvres craquelées et ensanglantées, mais sa tête ne semblait pas gravement touchée. Il arracha le pansement sur son cou et constata les dégâts occasionnés par la morsure. La plaie avait déjà plutôt bien cicatrisé. Les points de sutures devraient être enlevés dans les jours à venir. Peut-être le ferait-il. Ou peut-être pas, pensa-t-il avec un nouveau sourire avant de quitter la pièce.

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