Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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Le matin s'était levé sans ménagement, inondant ma chambre d'une lumière pâle, presque cruelle. Je n'avais presque pas dormi. Les heures s'étaient étirées dans un silence lourd, ponctué seulement par les battements précipités de mon cœur chaque fois que mes pensées retournaient à lui : Zane. J'avais décidé de prendre mes distances, et pourtant son nom s'imposait encore, comme une brûlure sous ma peau. C'était ça, le pire : l'absence n'effaçait rien, elle soulignait seulement le vide qu'il laissait derrière lui.
Je m'assois sur le bord du lit, le dos voûté, les doigts crispés contre mes genoux. Une partie de moi voudrait fuir, prendre un train au hasard, disparaître dans une ville où personne ne connaîtrait mon nom. Mais l'autre partie, plus sourde, plus viscérale, me retient ici. Comme si ce chaos était devenu ma maison, comme si ces ombres m'appartenaient désormais.
La journée s'annonce banale, et pourtant je sens cette tension sourde, cette impression que quelque chose approche. Une tempête, peut-être. Ou un souvenir qui refait surface. Je me prépare mécaniquement, enfilant des vêtements sans réfléchir, le regard accroché à mon propre reflet dans le miroir. J'y vois une femme qui me ressemble, mais que je ne reconnais pas. Fatiguée, déchirée, mais toujours debout.
Et malgré moi, une pensée traverse mon esprit : est-ce que je serai encore entière quand tout ça sera terminé ?
Je décide de sortir. Rester enfermée entre ces murs trop silencieux me donne l'impression d'étouffer. L'air est froid, chargé d'humidité, mais il a au moins le mérite de me rappeler que je suis encore vivante. Mes pas résonnent dans la rue, réguliers, presque mécaniques, comme si marcher pouvait suffire à remettre de l'ordre dans ce chaos intérieur.
La ville s'agite autour de moi, mais je m'y sens étrangère. Des couples qui se frôlent, des conversations trop bruyantes, des enfants qui rient en courant après un ballon... tout semble si léger, si normal. Un monde qui continue de tourner alors que le mien s'est fissuré depuis longtemps.
Je m'arrête devant une vitrine, le regard accroché à un détail absurde : une robe rouge, éclatante, suspendue à un mannequin sans visage. Rouge comme la tentation, rouge comme le danger. Rouge comme la bouche que je n'ai vue qu'en cauchemars ou dans les mots des autres, et qui hante malgré moi mes pensées. Un frisson me parcourt. Je détourne les yeux, comme si ce tissu avait le pouvoir de me brûler.
Je reprends ma marche, accélérant le pas. Le bruit des talons d'une passante derrière moi me suit un instant, puis s'éloigne. Tout semble normal, trop normal. Et c'est justement ça qui m'angoisse : cette impression que sous la surface, quelque chose se prépare. Que chaque coin de rue pourrait receler une vérité que je n'ai pas envie d'affronter.
Quand je finis par rentrer, la lumière décline déjà. J'allume les lampes une à une, et le silence reprend ses droits. Mon appartement devient un refuge fragile, mais je sais que les murs n'arrêtent pas les fantômes. Et ce soir, je sens qu'ils se rapprochent.