Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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La porte claque. Pas doucement, pas par erreur. Elle claque avec cette violence sèche qui ne laisse pas place au doute : Sara n'est pas là pour un simple échange de politesses.
Je reste immobile dans le salon, les mains encore posées sur le dossier de la chaise où je me tenais. J'entends ses pas dans l'entrée, rapides, nerveux, presque précipités, et je pourrais fermer les yeux pour deviner l'expression de son visage avant même de la voir.
Je sais déjà qu'il y a dans ses yeux cette lueur qui brûle plus fort que tout le reste : la colère. Mais pas une colère pure, pas celle qui vous libère et vous fait hurler. Non... la sienne est toujours un mélange toxique de blessures et de méfiance, une tempête qui menace de déborder et qui, pourtant, s'enferme dans des mots soigneusement choisis.
Elle apparaît dans l'encadrement, et mon premier réflexe est de retenir ma respiration. Comme si la voir franchir le seuil de mon monde était à chaque fois un rappel brutal de ce que je pourrais perdre. Ses cheveux encore humides tombent en mèches sombres autour de son visage, ses lèvres sont serrées, ses yeux lancent des éclats que je n'avais pas vus depuis longtemps. Elle n'est pas venue pour se cacher, elle est venue pour m'affronter.
— T'avais prévu de me le dire quand, exactement ?
Sa voix tranche l'air, sans introduction, sans détour. Pas même un bonsoir. Ses mots claquent comme un couteau lancé droit dans ma poitrine. Je ne réponds pas, pas encore. Parce qu'une part de moi savoure ce moment, ce feu qu'elle me jette au visage. Elle croit me mettre au pied du mur, mais je sais qu'au fond, c'est elle qui brûle de peur sous ses reproches.
Je la détaille sans bouger, le regard accroché au sien. Elle tremble à peine, mais je le vois, je le sens. Ce n'est pas seulement la rage qui la fait vibrer ainsi : c'est la peur, encore et toujours. Ce que cette clé représente pour elle, ce qu'elle imagine que je lui cache, ce qu'elle refuse de découvrir peut-être. Et cette peur, je la connais trop bien. Parce que c'est elle qui m'a guidé pendant des années.
— Réponds, Zane.
Elle resserre sa prise sur son sac, comme si ses doigts avaient besoin d'une arme, d'un ancrage pour ne pas céder. Ses mots résonnent contre les murs comme un ordre.
Je pourrais lui mentir. J'ai toujours été assez habile pour tordre la vérité, la rendre plus douce, plus supportable. Mais là, face à elle, je n'en ai plus ni la force ni l'envie. Ce qu'elle demande, c'est une vérité qui risque de nous briser. Et ce que je ressens, c'est ce besoin violent de la protéger de tout, même de moi-même.
Alors je me contente de la regarder. Un silence tendu, presque insupportable, s'étire entre nous. Et je sais que ce silence dit déjà plus que toutes les réponses que je pourrais lui offrir.
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