Chapitre 26

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La lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux, fragile et timide, comme si elle n'osait pas troubler ce qui s'est passé cette nuit

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La lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux, fragile et timide, comme si elle n'osait pas troubler ce qui s'est passé cette nuit. J'ouvre les yeux lentement, encore engourdie, la peau marquée de son empreinte. Chaque muscle de mon corps me rappelle Zane, son souffle contre ma nuque, ses mains qui n'ont cessé de m'arracher à moi-même. C'était brutal et tendre à la fois, une intensité qui m'a laissée démunie, presque étrangère à mon propre corps. Un vertige délicieux et douloureux.

Je reste immobile quelques secondes, simplement pour m'assurer que ce n'était pas un rêve. Le drap glisse sur ma peau nue et je frissonne, autant à cause du froid que de la conscience soudaine de ce que nous avons fait. La chambre a cette odeur mêlée de café froid et de nous deux, une senteur âcre et intime qui colle à mes sens, comme si elle refusait de disparaître.

Il est là, assis au bord du lit, encore torse nu, les cheveux en bataille. Sa silhouette se découpe dans la demi-obscurité, et je pourrais rester des heures à le regarder ainsi, avec cette nonchalance feinte qui masque mal la tension de ses épaules. Ses doigts tournent et retournent quelque chose dans sa main, un objet minuscule, que je ne distingue pas clairement. Mais je sens que ça compte, que ce n'est pas un geste anodin.

Je déglutis. Je le connais assez pour comprendre qu'il y a un gouffre entre l'homme qui m'a possédée cette nuit et celui qui me tourne le dos ce matin.

— Tu n'as pas dormi, murmuré-je, la voix rauque et fragile.

Il tourne légèrement la tête vers moi, esquisse ce sourire qu'il porte toujours quand il veut me rassurer, ce sourire qui fonctionne sur tout le monde sauf sur moi. Parce que je lis dans ses yeux autre chose : une ombre. Comme si le jour avait ramené avec lui une vérité qu'il ne peut plus repousser.

Je serre un peu plus le drap contre ma poitrine, comme si ce tissu pouvait me protéger de ce que je devine déjà.

— À quoi tu penses ?

Un long silence s'installe, beaucoup trop long. Je le vois chercher ses mots, les retenir, se taire. Et cette hésitation est pire que n'importe quelle réponse.

Je détourne un instant le regard, m'appuyant contre l'oreiller encore imprégné de son odeur. La pièce me semble plus froide, plus vaste, comme si l'intimité de la nuit avait été balayée par la première lueur du jour. J'ai envie de lui dire qu'il n'a pas le droit de se refermer ainsi après m'avoir ouvert en deux, après avoir fait tomber chacune de mes défenses. J'ai envie de lui demander pourquoi il est là, si ce qu'il cherche chez moi est plus qu'un corps, plus qu'un exutoire. Mais je n'ose pas.

Je sens mon cœur battre plus vite, comme si mon corps avait compris avant moi que quelque chose se joue dans ce silence. Ce n'est pas seulement de la fatigue ou du doute : c'est une faille. Une fissure invisible qui s'élargit doucement entre nous. Et je déteste ça.

Zane & SaraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant