Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
Le contenu de ce chapitre aborde des passages à forte intensité émotionnelle et sensorielle. À lire en conscience... avec précaution. Eyna ♡
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Le café a cette odeur familière de grains fraîchement moulus, mêlée à la chaleur sucrée des viennoiseries encore tièdes. Derrière la vitre, la pluie dessine des rivières translucides sur le verre, transformant les passants en silhouettes floues. Sara est toujours installée près de la vitre, là où Amara s'est tenue avant de partir, et où les gouttes martèlent le verre comme pour lui rappeler qu'elle est désormais seule.
Elle serre sa tasse tiède entre ses mains, comme si elle voulait retenir le peu de chaleur qu'il reste. Le murmure des conversations autour d'elle ne fait que souligner le vide revenu s'installer à sa table, un vide qu'aucun café ne peut combler.
Mais pendant un instant, il n'y a rien d'autre. Pas d'ombres qui rôdent dans ses souvenirs, pas de clés USB cachées dans des tiroirs, pas de regards qui la suivent au détour d'une rue... juste cette bulle tiède, hors du temps.
Elle observe distraitement la table d'en face, où un vieil homme tourne lentement sa cuillère dans un café crème, ses gestes mesurés comme s'il essaie de retenir quelque chose... ou de retarder l'inévitable. Son regard croise brièvement celui de Sara, il ne sourit pas. Pourtant, elle a la désagréable impression qu'il sait quelque chose, une impression qu'elle chasse aussitôt.
En posant sa tasse, elle remarque un détail qui lui échappe d'abord : sur la banquette, juste à côté de l'homme, un parapluie noir, identique à celui qu'elle a déjà vu. Non... pas ici, pas maintenant. Mais avant qu'elle ne puisse vérifier, il se lève, règle l'addition sans un mot, laissant derrière lui une odeur d'eau de pluie et de cuir. Sara sent une pointe glacée se loger quelque part sous sa peau.
La clochette de la porte tinte. La lumière extérieure entre un bref instant, et elle aperçoit une silhouette familière dehors, adossée à un réverbère, une cigarette presque consumée au bout des doigts : Elijah. Il ne la regarde pas directement, mais elle sait qu'il est là pour elle. Et dans cette certitude, il y a quelque chose de troublant... et de dangereux.
Sara reste immobile, les yeux rivés sur la silhouette dehors, il ne bouge pas. Juste cette présence figée, comme un point fixe dans le flou de la pluie. On pourrait croire à un simple hasard... si Elijah n'avait pas toujours cette manière d'apparaître aux moments où elle essaie de respirer seule.
Elle hésite. Une partie d'elle veut rester à l'intérieur, se fondre dans la chaleur et le brouhaha du café, ignorer ce poids invisible qui presse contre sa poitrine. Mais l'autre partie... celle qu'Elijah connaît trop bien, veut comprendre.
Elle finit par se lever, paie rapidement, et franchit la porte. L'air humide vient lui mordre la peau, et le bruit de la rue semble s'éteindre autour d'eux. Elijah écrase sa cigarette du bout de sa chaussure, lentement, comme s'il a tout le temps du monde.