Chapitre 24

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Je reste figé quelques secondes, le silence de mon appartement pesant comme un étau

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Je reste figé quelques secondes, le silence de mon appartement pesant comme un étau. Le souffle d'Elijah s'est éteint dans le couloir, mais son passage a laissé une trace indélébile, un parfum de menace et de souvenirs que je croyais enfouis. Je me laisse tomber sur le canapé, et malgré l'envie de me calmer, mon cœur martèle encore contre mes côtes, comme si chaque battement voulait m'avertir que je n'avais rien réglé, que rien ne serait jamais simple.

Mes mains, crispées sur l'accoudoir, tremblent presque imperceptiblement. Je les détends, les serre à nouveau. Cette tension est plus qu'un avertissement, c'est une tempête en veille. Elijah a ce don pour revenir au moment où tu penses respirer enfin, et tout se brouille. Je ferme les yeux, et l'image de lui, de ce sourire énigmatique, de cette façon qu'il a de mesurer chaque pas, chaque souffle... tout ça me revient avec une clarté douloureuse. Toujours aussi précis, calculateur, et capable de me pousser dans mes retranchements, exactement là où je ne veux pas aller.

Je me lève et marche jusqu'à la cuisine, cherchant un refuge dans l'alcool que je ne consomme jamais seul, mais même le geste est inutile. Chaque objet que je frôle me rappelle son passage : la poignée encore tiède, la chaise qu'il a effleurée, l'air lui-même semble chargé de sa présence. J'imagine Sara quelque part, loin de cette tempête que je sens monter, et pourtant je ne peux m'empêcher de la ramener dans ma tête, dans mon corps, dans ce mélange étrange de désir et de protection. Si Elijah a ce talent pour reprendre ce qui ne lui appartient pas, alors Sara... elle est déjà bien trop au milieu de ce champ de mines silencieux.

Je me laisse tomber contre le plan de travail, les mains enfouies dans mes cheveux. La colère monte, sourde et tenace. Elle n'a rien de spectaculaire, mais elle brûle en moi avec la précision d'un feu lent : colère contre Elijah, contre ce qu'il représente, contre cette part de mon passé que je croyais enterrée, et contre moi-même, de ne pas savoir comment protéger Sara sans me trahir. Chaque fibre de mon être hurle que la nuit ne va pas se terminer calmement, que les ombres qu'il a laissées derrière lui ne vont pas disparaître d'elles-mêmes.

Je me rends compte que je réfléchis trop, que mes pensées s'embrouillent entre ce que je dois faire et ce que je ressens, entre vigilance et impulsion. La solitude de mon appartement n'est plus une échappatoire, elle est un miroir. Et ce miroir me renvoie l'image d'un homme qui ne peut ignorer ce danger, qui ne peut fermer les yeux sur ce que Elijah pourrait faire ou découvrir. Je sens une colère plus noire que jamais monter en moi, prête à éclater, mais je la retiens. Je dois être froid, calculateur, et méthodique. Je ne peux pas me permettre de perdre le contrôle.

Mon regard tombe sur mon téléphone. Aucun message de Sara, et cette absence est tout aussi terrifiante. Je sens un frisson me parcourir, un mélange de crainte et d'anticipation. Je devrais dormir, tenter de calmer le feu qui brûle dans mes veines, mais je sais que ce serait une erreur. La nuit est jeune, et Elijah a déjà mis ses pions en place. Il a réveillé quelque chose que je croyais endormi, et je ne peux pas laisser ça glisser entre mes doigts. Pas cette fois.

Zane & SaraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant