Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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Je n'ai pas vraiment marché en sortant du café, j'ai fui. Chaque pas claquait sur le trottoir comme si mes talons voulaient faire taire le battement trop rapide de mon cœur. Mais l'air frais ne m'a pas calmée, au contraire. Il a fait circuler cette colère dans mes veines, l'a rendue plus vive, presque agréable.
J'ai essayé de me convaincre que c'était fini pour aujourd'hui, qu'il ne me suivrait pas, pas cette fois. Mais les reflets des vitrines me trahissaient, comme s'ils savaient avant moi. Je n'avais même pas besoin de me retourner pour sentir ce regard accroché à ma nuque.
Quand je pousse la porte de mon immeuble, mes doigts tremblent un peu trop pour que ce soit uniquement à cause du froid. L'ascenseur est lent, si lent, et chaque seconde ressemble à un piège qui se referme.
Je ne suis pas surprise quand, en relevant la tête, je le vois dans le miroir du fond de la cabine : Elijah. Dos appuyé contre la paroi, bras croisés, comme si l'univers tout entier l'avait mis là pour m'attendre.
— Tu comptes m'enfermer avec toi, maintenant ? je lâche.
Un coin de sa bouche se soulève, mais ce n'est pas un sourire. C'est... un défi.
— Peut-être.
L'ascenseur démarre. On ne se quitte pas des yeux. C'est presque physique, cette tension qui s'infiltre dans l'air confiné. Ma respiration s'accélère, pas par peur, pas vraiment... mais parce que tout mon corps se souvient.
— Qu'est-ce que tu veux, Elijah ?
Il s'approche d'un pas, et le métal froid du mur me touche dans le dos.
— Que tu arrêtes de fuir.
Sa voix est basse, grave, mais il y a quelque chose de brûlant dessous, comme une braise prête à tout consumer. Mes doigts se crispent sur la bandoulière de mon sac.
— Et si j'ai raison de fuir ?
Il baisse légèrement la tête, juste assez pour que ses yeux captent les miens sans échappatoire.
— Alors je te forcerai à admettre que tu mens, à toi-même plus qu'à moi.
Le silence est lourd. L'ascenseur monte encore, trop lentement, et chaque battement de mon cœur résonne dans mes oreilles. Je ne sais plus si c'est la peur ou cette fièvre étrange qu'il provoque.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent dans un soupir métallique. L'air du couloir me frappe au visage, frais, presque coupant, et pourtant... il n'apaise rien. Derrière moi, Elijah est toujours là, trop près, comme s'il avait décidé que cet espace minuscule entre nous n'existerait plus.
Je fais un pas en avant, et c'est là que je le vois : Zane. Adossé contre le mur, épaules détendues en apparence, mais tout en lui trahit autre chose. Ses yeux accrochent les miens, et le reste du monde disparaît. J'ai l'impression de me prendre un coup de chaleur malgré la fraîcheur ambiante. Il est beau, mais pas le genre de beauté douce : c'est ce charme brut, taillé au couteau, qui te coupe dès que tu t'en approches trop.