Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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Le soleil frappe les façades claires, projetant des ombres nettes sur le trottoir. L'air est frais, presque vif, avec cette odeur de feuilles sèches et de métal que seule la fin de l'hiver peut offrir. J'aime cette lumière franche, sans filtre... mais aujourd'hui, elle me donne la sensation étrange d'être mise à nu.
Je marche le long de la rue, les mains enfoncées dans les poches de mon manteau. La brise me caresse la joue, soulève par moments une mèche de cheveux que je repousse d'un geste mécanique. Tout semble paisible, peut-être même un peu trop.
Les passants autour de moi avancent sans me prêter attention, absorbés par leurs vies. Pourtant, chaque pas me paraît plus lourd que le précédent. Mon corps sait avant moi que quelque chose cloche. Une tension discrète vibre dans l'air, presque imperceptible, mais assez forte pour me faire jeter des coups d'œil par-dessus mon épaule.
En longeant la vitrine d'un café baigné de lumière, je crois reconnaître une silhouette derrière le verre. Mon cœur accélère, mais en m'approchant, je réalise que ce n'est qu'un inconnu penché sur son carnet. Un souffle m'échappe, entre soulagement et frustration.
Au coin de la rue, la sensation revient, plus forte cette fois. Le soleil réchauffe ma peau, mais un frisson glisse le long de mon dos. Comme si... quelqu'un m'observait.
Les rayons glissent sur les façades en pierre, rebondissent sur les vitres des voitures, accrochent mon regard jusqu'à m'aveugler quelques secondes. Je plisse les yeux, puis inspire profondément cet air vif qui me donne presque l'impression de respirer à nouveau après des jours enfermée dans ma bulle.
Pourtant, malgré la douceur de la journée, mes sens restent en alerte. Ce n'est pas de la peur, plutôt cette intuition viscérale qu'on ne peut pas expliquer, comme un fil invisible qui se tend derrière soi. Je ralentis, et j'écoute. Les bruits familiers de la ville tels que les moteurs au ralenti, les talons pressés contre le bitume, et les rires étouffés résonnent plus fort, comme amplifiés.
Je croise le regard d'une femme qui sort d'une librairie, les bras chargés de romans. Elle me sourit, polie, avant de s'éloigner. Tout va bien, et pourtant...
Mes doigts glissent dans la doublure de mon manteau, cherchant machinalement mon téléphone, juste pour m'assurer qu'il est là. L'écran noir me renvoie mon reflet, mais je le range aussitôt, comme si l'avoir en main risquait de me distraire de... quelque chose.
Le trottoir se rétrécit à mesure que je longe les petites boutiques. Une devanture fleurie attire mon regard : des pivoines blanches dans un vase transparent. J'ai envie d'entrer, de respirer leur parfum, mais mes pas refusent de s'arrêter. Comme si une force invisible me poussait à continuer, à suivre un chemin que je n'ai pas choisi.
Je m'arrête net. Pas de bruit particulier, pas d'ombre suspecte, juste cette impression oppressante. Je me retourne, les passants circulent normalement. Rien d'inhabituel... mais au milieu de cette foule mouvante, j'ai la conviction, fugace mais brûlante, que quelqu'un marche à mon rythme, qu'il ajuste ses pas aux miens.