Chapitre 21

27 6 8
                                        

La lumière est douce, trop douce, presque cruelle

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

La lumière est douce, trop douce, presque cruelle. Elle s'infiltre entre les lames des volets, caressant ma peau nue avec une tendresse que je ne mérite pas. Je suis allongée sur le côté, la tête posée sur un oreiller froissé qui porte encore l'odeur de Zane. Sa chaleur, son souffle, sa présence...

Il est là, derrière moi. Je le sens sans avoir besoin de me retourner. Sa main repose dans mon dos, paume ouverte, immobile. Pas possessive, pas lourde, juste... là.

Et moi, je suis figée. Pas à cause de la gêne, pas vraiment. C'est autre chose : une faille qui s'est ouverte sous mes côtes et qui laisse passer des choses que je ne voulais plus sentir. L'envie, la peur, la sensation d'avoir été touchée trop profondément, dans une part de moi qui, jusqu'ici, était restée anesthésiée.

— Tu es réveillée, murmure-t-il contre ma nuque.

Sa voix est rauque, abîmée par la nuit. Et pourtant, elle me réchauffe. Je hoche doucement la tête, mais je ne me retourne pas. Je ne peux pas, pas encore.

— Tu regrettes ? souffle-t-il.

Je ferme les yeux. La question tombe comme une pluie froide sur ma peau brûlante. Je pourrais mentir, je pourrais fuir, mais je suis fatiguée de me taire.

— Non... mais j'ai peur.

Un silence dense et chargé s'installe. Il se redresse un peu, je sens le matelas bouger sous son poids. Puis sa main glisse lentement, descend le long de mon dos pour s'arrêter juste au creux de mes reins.

— De moi ? demande-t-il.

Je me retourne enfin, ainsi nos regards se croisent. Ses yeux sont sombres, mais il n'y a pas d'agressivité dedans. Juste une fatigue familière, une peur jumelle, une détresse qu'il camoufle moins bien qu'avant.

— Non, Zane... plutôt de ce que ça veut dire.

Il fronce légèrement les sourcils. Sa main revient caresser ma hanche, cette fois plus doucement, plus lentement.

— Tu veux que je parte ? demande-t-il, la voix rauque.

Je secoue la tête. Et là, il pose son front contre le mien, comme une promesse silencieuse. Pas d'avenir, pas de serment, juste ça : le présent. Ce lit encore chaud, ces draps froissés, ce matin qui tremble. Je ferme les yeux et je m'autorise, l'espace d'un battement, à croire qu'on a le droit, lui et moi, même si tout nous menace.

— Je vais rester un peu, murmure-t-il.

Je glisse ma main sur sa joue, le regard flou, la gorge nouée.

— Reste autant que tu veux.

Et dans le silence qui suit, je sens quelque chose se dénouer en moi. Lentement, dangereusement, comme si je recommençais à croire... à nous.

Zane & SaraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant