Chapitre 20

36 7 14
                                        

Le contenu de ce chapitre aborde des passages à forte intensité émotionnelle et sensorielle. À lire en conscience... avec précaution. Eyna

Il est presque six heures du matin

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Il est presque six heures du matin. Je ne sais pas si c'est l'air, le temps, ou juste moi. Tout semble peser un peu plus lourd aujourd'hui. Même les nuages ont cette consistance épaisse qui écrase les toits, comme une menace muette. Mon cœur bat à contretemps depuis cette rencontre fugace dans la rue, ou plutôt ce face-à-face silencieux avec Elijah.

Ce nom s'ancre désormais dans mon crâne comme une cloche qu'on aurait oubliée de faire taire. Depuis ce moment, je me sens scindée. Il y a la Sara d'aujourd'hui, et celle qui, quelque part, reconnaissait cet homme avant même que mon cerveau l'admette. J'ai dormi peu, et mal.

Le rêve est revenu, mais cette fois, c'était différent. J'étais dans une pièce noire, pas vide mais remplie de murmures. Des voix floues, des morceaux de souvenirs et des sensations qui m'effleuraient la peau comme des mains invisibles. Et encore cette phrase, plus nette que jamais : « Tu l'as voulu. Tu as dit oui. ».

Quand j'ouvre les yeux, il fait encore nuit. Je ne lutte pas. Je me lève, pieds nus, et je traîne mon corps jusqu'à la cuisine. Un verre d'eau, mes doigts crispés sur le rebord du comptoir, comme si ce simple appui pouvait me maintenir debout. Un geste inutile, une respiration forcée, une rébellion muette contre ce vide qui m'envahit.

Il faut que je sorte. Le silence de mon appartement me tue plus sûrement que n'importe quel poison. Et mes pensées... elles tournent en boucle, se heurtent, s'écharpent.

Alors j'attrape mon manteau, ainsi que mes clés et je sors.

Je n'ai pas fermé l'œil

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Je n'ai pas fermé l'œil. Mon appartement est plongé dans une pénombre volontaire, brisée seulement par la lumière bleue de l'écran de mon téléphone. L'icône du dernier message reste là, figée, presque insolente dans son silence.

De : Zane
Tu vas bien ? Je peux passer ce soir, si tu veux.

Envoyé la veille à 23h14. Aucun accusé de réception, et aucune réponse. Un jour sans réponse, c'est rare. Et ça me rend fou. Sara est du genre à ignorer ses émotions, mais pas les messages. Elle répond toujours, même brièvement, même juste un « pas ce soir » ou un emoji à la con. Mais là... rien. C'est comme un vide qui pulse sous ma peau.

Zane & SaraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant