Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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La ville semble haletante ce matin. Ce n'est pas un simple jour gris, ni une de ces matinées ternes dont Paris a le secret. Non, c'est plus profond que ça. Comme si quelque chose s'était détraqué dans l'air, un courant sourd, un cliquetis invisible dans la mécanique de l'univers.
Je me tiens au balcon de mon appartement, un café refroidi à la main, les yeux rivés sur les passants en bas. Je devrais bosser, je devrais dormir, je devrais... faire autre chose. Mais je suis là, immobile. Depuis cette nuit, une pensée tourne dans ma tête, encore et encore.
Elijah était là. Pendant le protocole, pendant son effacement, pendant tout. Et moi, j'étais où ? Qu'est-ce que j'étais censé être dans cette histoire : un pion, un amant passager, une distraction, un dommage collatéral ?
Je repose la tasse dans un claquement sec. Je ne supporte pas les questions sans réponse, et encore moins celles qui me ramènent à cette impuissance.
J'attrape ma veste, et je pars sans but précis. Marcher, bouger, user mes nerfs sur le trottoir, c'est encore ce que je sais faire de mieux quand le monde s'effrite.
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Le centre de Paris est déjà plein. Des touristes, des parisiens blasés, des klaxons, mais j'avance comme un spectre. Je glisse entre les ombres sans y prêter attention.
J'arrive au quartier de la Fondation, ce bâtiment à l'allure faussement banale. Un ancien institut de recherche, officiellement fermé depuis 2019. Je n'ai pas besoin de forcer la porte, je connais l'arrière. Un code effacé sur la plaque, un interstice dans le mur... ils croient qu'on oublie, mais les murs, eux, se souviennent.
À l'intérieur, tout est poussière et silence. Mais au troisième étage, la lumière fonctionne encore, et dans le fond d'un couloir, une salle dont la porte n'a pas été verrouillée. Une table, des dossiers, une odeur métallique de cuivre séché et d'oubli, et au mur... des images. Des photos, oui, encore. Mais cette fois, ce ne sont pas que Sara ou Elijah. Il y a une femme aux cheveux courts, avec une blouse blanche, un rouge à lèvres sanglant. Son regard me foudroie même en photo. Elle a existé, elle fait partie de tout ça.
Je prends une photo, la glisse dans ma poche, puis je repars sans bruit. Mais avant de sortir, mon regard se pose sur une dernière chose : une inscription, tracée au marqueur sur le rebord de la fenêtre : «Remember ». Pas écrit n'importe comment, la même écriture que celle retrouvée sur la vidéo, la même que sur le mur de l'ancienne clinique.
Quelqu'un laisse des messages, quelqu'un attend qu'on les relie... et je compte bien les relier.
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