Chapitre 8 - Ce soupçon de logique dans le flou.

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L'atmosphère de la chambre était tiède. Ni chaude, ni froide, juste tiède. Il se demandait bien ce qui allait se passer ce jour-ci. Après les événements de la vieille, il se méfiait un peu des blagues que pouvait lui réserver la vie. Elle avait peut-être été trop calme depuis déjà un moment, mais ce genre de choses, il s'en serait passé.

Akeru papillonna des paupières, il ne les ouvrit pas tout de suite. Il n'y avait pas urgence, après tout. Et la sérénité qui régnait à cet instant, était plus que nécessaire. Il en avait besoin maintenant. Il ne savait pas s'il s'agissait d'un matin gris ou bleu, mais il ne voulait pas savoir. Pas encore. Il se concentrait sur le calme environnant. Une part de lui s'attendait à entendre une respiration à ses côtés et l'autre le contraire.

Mais rien. Rien qu'un vide, ou seul son propre souffle se faisait entendre. Allongé sur le dos, il roula sur le côté pour observer le sol. Là où se tenait le matelas posé à la hâte la veille. Là où l'homme en habit victorien, le regard hautain et la voix trop droite, aurait dû être. Mais il n'était plus là. Ce matelas était la preuve que tout ça n'avait pas été un rêve.Il poussa un soupir sans bien savoir à quoi il répondait. Du soulagement, sans doute. C'était dur de savoir s'il avait juste tout rêvé, ou si son invité mystère était juste retourné chez lui. C'était une fin logique à toute cette absurdité. Tout était fini. Déjà. Enfin. Une goutte de malaise glissa sous sa peau. Akeru fronça les sourcils. Il n'aimait pas cette sensation-là. Cette impression de vide pas tout à fait vide.


Il s'assit lentement, passant une main dans ses cheveux ébouriffés, puis il laissa retomber ses épaules. Il ne savait plus vraiment comment se sentir. Soulagé ? Étrangement, ce n'était pas vraiment ça. Mais il n'arrivait pas à mettre de mot dessus. Un rêve étrange, un invité farfelu, et désormais tout était terminé.

Une douce odeur sucrée vint le sortir de ses pensées. Assez étrange, sachant que son oncle n'était sûrement pas encore rentré du travail. Ses petits frères et sœurs ? Cette idée le fit sortir du lit d'un bond. C'était trop dangereux de les laisser s'occuper en cuisine comme ça ! Pieds nus, il se dirigea vers la cuisine avec une certaine hâte, bien qu'il soit encore englué dans le coton du sommeil. Un rayon pâle passait par la fenêtre de la cuisine, caressant les murs de sa lumière douce, presque irréelle.

Il les vit.

Zach. Puis Charlie.

Tous deux semblaient trop occupés à préparer à manger pour avoir remarqué sa présence. Il n'était finalement pas reparti. Il maniait les ustensiles de cuisine avec une certaine facilité, s'étant familiarisé à la gazinière avec l'aide de Zach, avait-il deviné. Son attitude était raide, comme s'il se tenait sur un champ de bataille, alors que le plus jeune l'observait avec admiration. Tout ça sentait vraiment bon. Ses vêtements étaient les mêmes que la veille, et pourtant, il paraissait impeccable. Ses manches étaient retroussées juste assez pour ne pas le gêner dans sa tâche. Akeru éclaircit sa gorge, indiquant sa présence. Les deux cuisiniers se tournèrent donc vers lui, Zach accourant pour se jeter dans ses bras.


« Ton pote bizarre, il fait des pancakes ! » Gouailla Zach se blottissant dans ses bras.

Leur regard se rencontrant enfin, il restèrent tous deux muet temporairement. Le temps sembla se stopper, sans qu'aucun des deux ne réussisse à comprendre pourquoi. Jusqu'à ce qu'une légère odeur de brûlé ne vienne tirer Charlie de cet échange. Il s'activa pour éviter la catastrophe, versant la dernière louche de sa préparation, laissant le dernier pancake prendre forme.

« Je pensais que tu étais reparti. » Avoua Akeru sans prévenir.

« J'aurai préféré aussi. » Rétorqua Charlie, venant déposer l'assiette remplie de pancakes sur la table.

L'éclat des invisiblesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant