Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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Ce matin, je me réveille avec une brûlure étrange dans la gorge. Pas celle qui pique quand on est malade, non... plutôt une brûlure de l'âme, une sensation que quelque chose a été arraché pendant la nuit.
Je reste immobile, les yeux ouverts. Mon plafond est toujours le même, les murs aussi, mais quelque chose en moi a changé.
Le rêve flotte encore dans l'air comme un parfum oublié. La voix d'Elijah résonne, douce et lointaine. Ses doigts contre ma peau, ce souvenir inventé, ou peut-être pas.
Je me redresse lentement. Mes draps sont en désordre, mon t-shirt collé à ma peau. Il faisait chaud cette nuit, oui, c'est moi qui ai brûlé de l'intérieur.
Dans la cuisine, le café a un goût fade. Je m'adosse au comptoir, et mon regard tombe sur un vieux carnet que je n'ai pas touché depuis des mois. Je l'ouvre sans réfléchir. Une phrase m'attend, griffonnée à l'encre sèche :
« Quand on ne sait plus ce qu'on fuit, on finit par courir en rond. »
Je reste figée. Cette phrase... je ne me souviens pas l'avoir écrite. Je tourne les pages, fébrile. Il y a d'autres mots, d'autres traces, une écriture familière mais un peu tremblante. Des mots comme « protocole », « choix volontaire », « il me retrouvera », ou encore « octobre ».
Quelque chose se réveille en moi. Je referme le carnet comme s'il allait exploser.
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Le carnet est resté là, posé sur la table, comme une grenade sans goupille. Je l'ignore volontairement, du moins j'essaie. Je mets de la musique, quelque chose de léger, sans paroles, pour ne pas trop penser. Mais mes gestes sont mécaniques, mes doigts tremblent légèrement quand je passe ma main dans mes cheveux mouillés.
Je m'habille sans conviction, enfile un jean, une chemise blanche, les manches retroussées. Un parfum discret, et je me maquille à peine. Direction la rédaction.
Il y a ce moment, dans le métro, où tout me semble flou. Les visages sont lointains, les voix étouffées. Une bulle, et moi dedans, étrangère au monde.
Quand j'arrive, Camille est déjà là. Toujours élégante, toujours solaire. Mais aujourd'hui, un peu différente. Elle s'agite, elle parle, elle plaisante avec les autres. Mais dès qu'elle me voit, son sourire se fige à peine. Une seconde, une fissure presque invisible. Je m'approche.
— Tu m'as écrit, je murmure.
Elle hoche la tête, puis m'entraîne vers une salle de réunion vide.
— Tu veux du café ? commence-t-elle.
— Dis-moi.
Elle ferme la porte. Son dos s'appuie contre le battant, ses bras croisés, puis un soupir.