Chapitre 17

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Le soleil se lève doucement sur Paris, et pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression de respirer autrement

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Le soleil se lève doucement sur Paris, et pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression de respirer autrement. Pas librement, non, ce serait trop demander... mais différemment.

Je suis dans la cuisine, pieds nus sur le carrelage froid, un mug entre les mains. Le café fume, noir et amer, comme mes pensées au réveil. Mais ce matin, elles ne grondent pas, elles flottent. Le jour s'annonce banal, et peut-être que ça me va.

Il est à peine huit heures. Le monde dort encore, ou s'agite ailleurs, loin de mon petit appartement silencieux. J'observe le rayon de lumière qui glisse sur le parquet, découpant des formes dorées sur les murs.

Mon carnet est resté ouvert sur la table. Quelques mots griffonnés hier soir, sans structure, sans ambition, mais ils sont là. Des phrases, des bouts de sensations... un fil que je reprends, petit à petit.

Je me douche longuement, jusqu'à ce que ma peau devienne tiède, presque neuve. Puis j'enfile une robe longue et fluide, pas pour séduire, juste pour me sentir bien. Il y a des jours comme ça, où on choisit le confort comme un bouclier. Et aujourd'hui, je vais au marché.

Oui, le marché. Pas pour suivre une piste, ni pour rencontrer quelqu'un dans l'ombre d'un porche ou récupérer un document crypté, non... juste pour acheter des fruits, et des fleurs peut-être. Pour revenir à l'essentiel, me rappeler que je suis vivante.

Les étals débordent de couleurs : pêches sucrées, tomates encore gorgées de rosée, bottes de menthe fraîche. Un marchand me tend un abricot avec un sourire chaleureux. Je le croque sans réfléchir. Le jus coule sur mon menton, j'en ris. C'est ça, être humaine : sentir, goûter, et rire un peu trop fort.

Je m'arrête ensuite à la petite librairie en bas de la rue, celle qui sent le papier vieilli et le bois ciré. J'y feuillette un roman au hasard, sans même lire le résumé. Juste pour sentir les pages glisser entre mes doigts, pour exister autrement qu'en suspens. Et pendant un instant, je l'oublie... Zane.

Ou plutôt... je le range quelque part. Il n'est pas effacé, juste en sourdine. Comme une chanson familière qu'on ne veut pas écouter aujourd'hui, juste aujourd'hui.

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Zane & SaraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant