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LOTUS CORPORATION HEAD QUARTER, Océan Pacifique...
23 juin 1995, 06h08...

John Ducrane, Kevin Albin et Robert Kibovitch étaient réunis dans une salle de réunion très sombre, au centre de laquelle trônait une table en verre. Ils avaient chacun leur lampe de bureau allumée, ce qui donnait une atmosphère particulière à la pièce. Robert Kibovitch tenait entre ses mains le journal du Commandant. Cela faisait déjà une heure qu'ils étaient réunis dans cette pièce sombre pour étudier ce nouvel élément...

— En tout cas, d'après ce que j'ai lu, reprit Kevin Albin. Korevitch n'a pas respecté le protocole et donc, toute cette expérience ne vaut pas grand-chose.

— Qu'en pensez-vous Bob ? questionna le directeur.

— Bien... Il me faudrait un peu plus de temps pour voir tout ça en détail avec Rose, fit-il sans lever les yeux du carnet. Mais, cela paraît être une raison suffisante pour expliquer l'échec de l'expérience. Cependant, nous avons opté pour une voie de recherche complètement différente, à présent. Ce principe de comprimé est trop lourd à gérer. Nous avons relancé les recherches sur un principe actif qui fonctionnerait sous forme d'une seule injection intraveineuse, comme je vous l'avais expliqué en février.

— Et où vous en êtes ? interrogea John Ducrane, très intéressé.

— Nous en sommes aux tests préliminaires, dit le docteur presque chuchotant. La formule n'est pas du tout au point. Quand elle le sera nous devrons encore faire une batterie de tests moléculaires avant de passer aux tests sur animaux et enfin les tests sur cobayes humains.

— Je vois, fit John déçu. Ça n'avance pas en gros.

— Bien sûr que si ! protesta Robert Kibovitch. Mais pas aussi vite que vous le voudriez c'est vrai... Il s'agit de génomique, je vous le rappelle. Personne dans le monde n'est aussi avancé que nous sur le sujet. Rose de Witford travaille sur ce sujet, mais également sur nos autres projets de génovirus. C'est notre meilleur élément, personne n'a encore atteint son niveau d'expertise.

— Bien sûr, sourit Kevin. Elle a eu le temps de s'y intéresser en trois-cents ans.

— Et en ce qui concerne l'agent du FBI ? éluda le directeur des recherches.

— On s'est arrangé pour qu'elle ne soit plus gênante, répondit le chef des armées. Mais elle vit toujours, si c'est ce que tu veux savoir. On a atteint notre quota pour cette semaine, ironisa-t-il avec un large sourire. Il ne nous reste qu'une cible pour classer l'affaire.

— Le flic ?

— Exactement. Ce sera fait dans les heures à venir, j'ai une équipe des S OPS sur le coup.

— Et la fille, insista Robert Kibovitch, vous en faites quoi ?

— Tu es drôlement curieux, aujourd'hui, dis donc. On l'a transférée à notre base de Salal.

— Au Tchad ? s'étrangla le docteur. Pourquoi si loin ?

— Interrogatoire, dans un premier temps, répondit le directeur. Et on verra si on arrive à la retourner.

— Vous aimez jouer avec les gens, fit Robert Kibovitch.

Le directeur ne répondit pas. C'était la stricte vérité. Il aimait effectivement particulièrement jouer avec la psyché des êtres humains. Dans son ancienne vie, il avait été tour à tour, négociateur puis interrogateur pour l'armée. On lui avait enseigné la torture sous toutes ses formes et en particulier la psychologie. Il avait fait passer une petite dizaine d'espions sous la bannière étoilée. S'il y avait une chance de pouvoir faire passer un agent du FBI, une jeunette de surcroit, dans son camp, il pourrait ensuite la faire grimper les échelons et avoir une personne de confiance au bureau. Cependant, ce ne serait pas lui qui se chargerait de cette mission. Il avait quitté le terrain depuis bien longtemps, à présent. D'autres se chargeaient des basses besognes.

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