Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
Le contenu de ce chapitre aborde des passages à forte intensité émotionnelle et sensorielle. À lire en conscience... avec précaution. Eyna ♡
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Les couloirs de l'hôpital ressemblent à des veines. Ils sont vides, froids, et sinueux. Et moi, je suis ce sang en trop, ce résidu d'un corps qui refuse encore de mourir.
Elle marche devant moi, cette femme sans nom, silhouette fantomatique dans la lumière blanchâtre. Ses talons résonnent comme un chronomètre morbide, parfaitement rythmé. Elle ne se retourne pas, elle n'en a pas besoin. Elle sait que je suis là, que je suis accroché à ses pas comme un chien affamé de réponses.
Les murs chuchotent. Pas au sens poétique, ni au sens symbolique, mais au sens littéral. Je les entends... les bribes de noms, les cris étouffés, les fragments d'agonie dissous dans la peinture écaillée.
Elle s'arrête devant une porte.
— C'est ici, dit-elle.
Ses doigts s'élèvent vers une carte magnétique. Pas de nom dessus, juste un code : 11-3-9. Elle le scanne. La serrure claque, ainsi la porte s'ouvre. L'odeur me prend à la gorge. Pas celle du désinfectant, non. Une autre : le vieux cuir, le papier brûlé, et cette humidité de cave où on enterre les secrets qu'on ne veut pas voir refleurir.
Elle me laisse passer, et je constate une pièce minuscule. Un bureau rongé par le temps, des dossiers empilés jusqu'au plafond, retenus par des ficelles usées. Une lampe rouge, suspendue au-dessus, projette une lumière qui n'éclaire rien d'autre que l'essentiel. Au centre, un classeur rouge, sans étiquette.
Elle murmure :
— On l'appelait l'opération Mnémosyne.
Je fronce les sourcils.
— C'était quoi, un programme ?
Elle hoche lentement la tête.
— Un effacement coordonné... illégal, et inavouable.
Je m'avance. Mes doigts tremblent en ouvrant le dossier. À l'intérieur, des pages annotées, des scans, des photos floues... et le nom de Sara. Souligné, rayé puis réécrit.
Je tombe sur une photo. Elle, allongée sur un lit d'hôpital. Des électrodes sur les tempes, une seringue plantée dans l'avant-bras. Elle a l'air absente, complètement vidée. Mon cœur cogne si fort que j'en perds l'équilibre.
Il y a aussi un formulaire nommé : « Demande de participation volontaire à un protocole expérimental ». Signature illisible, co-signée par un certain... M. Ashborne.
Je reste figé. Mayer ?
Je tourne la page, et tout explose en moi. Un rapport d'incident, daté de décembre 2018. Une pièce en feu, trois victimes. Aucun survivant, une seule évacuée.