Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Le matin s'est levé trop tôt, comme un mauvais présage. Je suis encore enroulée dans mes draps froissés, les cheveux en bataille, le souffle court. J'ai à peine dormi.
Le visage de Zane revient, encore et encore, comme un poison que mon corps refuse d'éliminer. Il y a cette tension au creux de mon ventre, cette impression d'avoir ouvert une porte que je ne pourrai plus fermer.
Je repense à sa voix, à sa façon de me regarder comme s'il me connaissait mieux que moi-même. À ses silences, à ses questions qui n'étaient pas vraiment des questions. C'était un jeu d'échecs, et j'ai l'impression d'avoir perdu des pions sans m'en rendre compte.
Je me lève doucement. J'évite de me regarder dans le miroir, trop peur d'y voir ce que lui a vu.
La rédaction est à vingt minutes en métro. J'y vais à pied, j'ai besoin d'air. Besoin de me rappeler que le monde continue de tourner, que tout ne gravite pas autour d'un homme au regard abyssal. Mais à peine ai-je franchi les portes du bâtiment que je l'entends :
— Ma diva de l'info est de retour.
Camille. Elle surgit d'un bureau, toute en jambes et en énergie. Blonde comme les pubs de parfum, grande comme une héroïne de série. Toujours parfaitement maquillée, même à 8h du matin. Elle a cette façon d'occuper l'espace, d'imposer sa présence comme une évidence. Avec elle, rien n'est flou. Tout est tranché, brillant, incisif.
— Tu dégages une aura de « j'ai flirté avec le diable » ce matin, souffle-t-elle en me rejoignant dans le couloir.
Je roule des yeux, sans pouvoir m'empêcher de sourire.
— C'était une interview.
— Avec qui ? Je veux des détails, des noms, des vibrations.
— Zane Leandros.
Elle s'arrête net. Ses talons claquent sur le parquet ciré quand elle pivote vers moi, un sourcil levé jusqu'au plafond.
— Le fameux Zane Leandros ? Monsieur penthouse et regards qui tuent ?
— Lui-même.
— Et ? Il est aussi sexy qu'on le dit, ou c'est juste la lumière de ses immeubles qui fait le job ?
Je détourne les yeux. Elle le remarque.
— Oh mon Dieu... il t'a troublée. Je le vois, tu sais. Ton regard fait ce petit truc bizarre quand t'essaies de paraître détachée.
— Tu me rends dingue, Camille.
Elle rit. Un rire léger, franc, un peu trop sonore pour mon état interne. Elle attrape mon bras et m'entraîne vers la salle de rédaction. Elle a ce don : faire semblant que tout est simple, que tout est léger... mais ce matin, rien ne l'est.