Il cache des vérités.
Elle, des fragments brisés.
Zane Leandros n'est pas un homme qu'on approche sans conséquences : influent, imprévisible, entouré d'ombres qu'il garde jalousement.
Sara de la Vega n'est pas une femme qu'on apprivoise facilement :...
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18h07.
J'ai hésité trois fois avant de franchir la porte du café. Trois fois, j'ai relu mes notes, vérifié mon enregistreur, respiré comme on respire avant de plonger.
Je suis journaliste. J'ai interviewé des politiciens, des artistes, des criminels repentis... mais jamais je n'ai ressenti cette foutue tension dans mes veines.
Zane Leandros est dangereux. Pas dans le sens classique du terme, pas comme les hommes violents que j'ai appris à reconnaître au premier battement d'yeux... non. Lui, c'est une autre espèce. Il ne frappe pas, mais il vous déshabille avec un regard. Il vous enferme dans le silence avec un mot. Et ça, c'est pire.
Je passe finalement la porte du café Odéon, les talons un peu trop assurés pour mon état intérieur. Il est là, déjà installé. Il ne bouge pas quand nos regards se croisent. Juste un sourire léger, presque cruel.
Je m'approche, le cœur à contretemps.
— Monsieur Leandros ?
— Mademoiselle de la Vega.
Je m'installe. La table est petite, trop petite pour que je ne ressente pas la chaleur de sa présence, cette tension sourde entre nous.
— Merci d'avoir accepté...
— Je ne l'ai pas fait, vous êtes venue. J'ai juste choisi de ne pas vous faire renvoyer.
Charmant. Je serre les dents.
— ...dix minutes, pas plus.
— Huit.
Le ton est donné. Je prends mon carnet, et l'ouvre à la page griffonnée à la hâte. Mon écriture est plus nerveuse que d'habitude. Ses yeux glissent sur mes doigts, sur mon cou, puis remontent lentement.
Je commence à poser mes questions. Il répond peu, ou détourne. Il joue, il observe... et je sens que chaque mot que je prononce est disséqué, analysé, classé dans une case invisible.
Jusqu'à ce que je prononce le mot Athènes. Son regard se fige moins d'une seconde. Mais je la vois : une faille dans l'armure. Je tiens quelque chose, mais quoi, exactement ?
— Vous êtes né là-bas, n'est-ce pas ?
Il prend une gorgée de son café, sans me quitter des yeux.
— Beaucoup de gens le sont.
— Mais vous y avez vécu longtemps... jusqu'à vos huit ou neuf ans.
Il pose la tasse, parfaitement alignée avec le bord de la table. Tout chez lui respire le contrôle, un peu trop d'ailleurs.