Chapitre 1

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Et si, pour changer je vous racontais mon histoire par la fin ? N'est-ce pas plus original ?

Alors voilà la fin, je suis étendue, sur le sol froid de ma chambre, le souffle quasiment coupé. Un matin de décembre, la fenêtre de ma chambre est ouverte et tombe sur le sol les premiers flocons de neige. Et je ferme doucement les yeux, me laissant bercer par le vent glacial de décembre. Ma main glisse du poignard que j'ai planté en moi, avant de se retrouver sur le sol, dans une flaque, mon sang.

Cette mort ne m'était pas destinée, il devait mourir, mais au dernier moment je l'ai remplacé. Une vie pour une vie, ma phrase quotidienne.

Je suis une princesse de la mort, ce n'est pas un métier ou une vocation, on appelle ça un don, je peux prédire et voir la mort des gens et décider de sauver cette vie ou non, mais quand une mort est annoncé alors une autre mort survient. N'importe qui d'autre tant qu'il y a une mort.

J'ai le pouvoir de vie sur une personne et de mort sur une personne proche de la cible. Un fardeau. J'ai été choisie à mes quinze ans, et la première fois je suis restée pétrifiée devant la vision qui est devenue réalité quelques minutes après.

J'ai sauvé sa vie et la mort va prendre la mienne, cependant aucun prince ou princesse de la mort n'a donné sa vie auparavant.

Ma vie se résume à un nombre considérable de morts, et j'ai l'impression que c'est moi qui les ai tués. Accablée par la culpabilité. Mon cerveau est une longue liste de personnes que je devais croiser et dont la mort est posée à un certain jour, une certaine heure, et sans retard.

Cole est mon voisin, nos parents n'étant pas à proximité cela faisait de moi la personne la plus proche. Comment aurais-t-il du mourir ? Idiotement, en tombant dans les escaliers. Pourquoi j'ai sauvé sa vie ? Simplement parce que je l'aime.

D'aussi loin que je me souvienne, je le connais depuis toujours. Et il a récemment appris pour mon « don », car j'ai sauvé une vie devant ses yeux en tuant une autre personne. J'évite le plus possible d'envoyer à la mort des gens bon ou qui ont énormément d'avenir. C'est pour ça que j'ai une arme sur moi, car il m'arrive de tuer de mes propres mains. Qui-suis-je pour tuer une personne à la place d'une autre ? C'est une question qui m'a beaucoup posé problème, je ne suis pas censée pouvoir décider, seulement voilà, être princesse de la mort, signifie être une divinité. Mais pas une divinité immortelle avec des pouvoirs extraordinaires, seulement une divinité qui a le droit de vie ou mort. Ce côté divin permet d'échapper aux procès pour meurtres, quand je tue de mes mains personne ne le vois, cela ressemble à un accident et je deviens quasiment transparente.

Quand on a quinze ans ça fait peur, aujourd'hui, j'allais avoir dix-neuf ans, et la mort ne m'effraie plus. J'essaye de me donner bonne conscience mais je sais que je ne suis pas une sainte. Et mon acte n'est en rien héroïque, je devais mourir, on le doit tous, mais je reste très égoïste car j'aurais pu sauver des personnes importantes pour la société, mais non j'ai décidé de sauver celui que j'aime.

Je me demande si je l'ai toujours autant aimé, mais je sais que lui ne m'aimera jamais. Je vais disparaitre de sa vie, c'est ce qu'il voulait après tout.

Il y a deux semaines il me parlait d'une fille dont il était amoureux, j'avais l'espoir que ce soit moi. Cependant je l'ai rencontré il y a quelques jours, et il m'a dit qu'elle me faisait penser à moi. C'est quoi le pire, qu'il ne m'aime pas ou que celle qui l'aime lui fait penser à moi ?

On s'est disputé, parce que la jalousie rongeait mon âme. Et depuis il ne m'adresse plus la parole.

Je suis soulagée de partir sans lui faire de peine.

Voici ma fin, simple et solitaire.



_____________ NDA

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Je ne donne pas de dates précises de publication mes chatons, ce sera au grès de l'inspiration, je vous aime fort <3

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