Chapitre 5 - Sous le regard de la dame.

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Bar Le Cavalier Noir - 14 Mai - 23h07

La pluie s'était invitée sans prévenir. Une pluie fine, presque élégante, celle qui te colle au col sans jamais te tremper vraiment. Elle tapotait la vitre du bar comme pour entrer, mais ici, personne ne l'attendait. Encore moins moi, qui l'avais fuis comme un lâche. Ne voulant pas que mes cheveux s'humidifie.

Le Cavalier Noir. Le seul endroit ou tu pouvais voir des hommes ivres as la pelletés entouré as la place de danseuse nu, de livre et de guitare. Une vieille enseigne en bois rappellant les styles des westerns, une lumière rougeâtre donnant l'impression que l'apocalypse nous tomber dessus, des tables bancales. Et au fond, toujours le même échiquier en marbre, posé comme un autel. Il était libre ce soir comme tout les soirs de fin de semaine, en attendant pour moi, comme son maître celui qui l'utilise constamment pour le mettre en profit. Malgré le nom de ce bar, peut de personne pouvais dire aimé les Échecs du moins, peut-être qu'ils avaient tous peur de moi, car personnes n'y touché si il me voyais arrivé.

Je m'y installa naturellement, regardant autour de moi aucun jeune homme, ou jeune dame semblant vouloir jouer, j'était entouré que de vieux, classique, peut de jeune venait dans ce trou as vieux céniles qui râle de politique et qui te sort autant de stéréotype qu'il y'a de ride sur le visage.

— Tu veux jouer, corbeau ?

La voix sortit de nulle part. Douce, lente, comme si elle connaissait déjà la fin de la partie.

Je levai les yeux. Une fille. Une fille de mon âge. 
Pas plus âgée que moi, peut-être un an ou deux de plus. J'aurais dis l'âge de Eris. 
Elle portait une veste de cuir. Des boucles d'oreilles aussi grosse que les anneaux dans les jeux rSonic. Les yeux couleur d'un brun rouge, comme si j'avais en face de moi l'un des mythes les plus urbains de la planète: Les vampires.

— Je prends les noirs, dis-je, sans réfléchir, plutôt content d'avoir une partenaire d'Échec

Elle sourit. Un sourire pas tout à fait humain. Trop calme. Trop sûr.

— Bien sûr que tu prends les noirs, souffla-t-elle. T'as une tête à croire que la noirceur te donne raison et te donne un coté ténébreux

Elle s'assit face à moi. Sans se présenter. Et moi, sans poser de question.

La partie débuta. Silencieuse, lente, étrange. Pas d'erreurs grossières. Elle jouait un jeu élégant, presque poétique. Je jouais pour gagner. Elle, pour me lire. Coup après coup, je me sentais disséqué, exposé. Comme si chaque pièce que je bougeais disait quelque chose de moi. De mes regrets. De mes peurs.

— Tu joues comme un garçon qui veut prouver quelque chose à quelqu'un qui s'en fout, dit-elle après un long moment.

Je relevai la tête. Elle me fixait, impassible.

— Et toi, tu joues comme une fille qui se cache derrière une tour, répondis-je.

Elle eut un léger rire. Amer. Réel.

— C'est peut-être vrai. Mais la tour, au moins, elle a de la portée.

Silence.

Je commençais à perdre. Lentement, méthodiquement. Pas par stupidité, non. Mais parce qu'elle jouait un jeu que je ne comprenais pas. Un jeu où chaque pion était un mot, chaque sacrifice une confession.

Et au moment où elle posa sa dame juste devant mon roi, elle murmura :

— Tu sais... Ce pion en verre. Celui que tu dessines tout le temps. Il t'appartient pas vraiment, hein ?

Mon sang se glaça.

— Comment tu sais ça ?

Elle haussa les épaules, déjà en train de ranger ses pièces.

— On ne dessine jamais ce qu'on possède. Seulement ce qu'on craint de perdre. Ou ce qu'on a jamais eu.

Elle se leva, enfila sa veste.

— Bonne nuit, corbeau. On se reverra.

Et elle disparut dans la nuit.

Je restai là. Mon roi toujours debout. Seul sur l'échiquier. Alors que elle disparaissait j'aurais pu juré ne jamais l'avoir vu dans mon cours. Pourtant, elle avais vu mon dessin, elle avais su que c'était moi. Après tout je n'avais jamais réellement porté attention as mes collègues étudiants, mais maintenant ma curiosité piquée, il était temps que cela change.

Échec et Math [B x B]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant