C'en était trop. Trop de choses lui parcouraient l'esprit. A mesure qu'il recevait des réponses à ses questions, il se retrouvait de plus en plus perdu. Il n'y avait plus de ligne claire entre fiction et réalité. Il ne savait plus s'il devait céder à l'émerveillement ou appeler les urgences psychiatriques. Ce mec devant lui, serait-il Charlie, le majordome de son roman favori? Comment un personnage de roman pouvait-il, maintenant se retrouver debout, vivant et respirant, devant lui? Si c'était un jeu perfide, l'acteur face à lui était d'une effrayante perfection !
Il en avait assez. Assez de se torturer l'esprit, à s'en donner mal au crâne. C'était une situation qu'un rêveur comme lui aurait fantasmé des centaines de fois. Mais face à ça, il en perdait ses moyens...
Le silence fut rompu, quand Charlie s'approcha d'un pas décidé vers la porte.
-Ça suffit maintenant. Je ne sais pas pourquoi vous cherchez à me retenir ici, mais ma maitresse m'attend. S'agaça-t-il presque, devant un Akeru qui était resté un long moment silencieux.
Mais sa course fut stoppée par le jeune homme, qui attrapant son bras, l'empêcha d'ouvrir la porte.
-Tu t'appelles Charlie et ta maîtresse s'appelle Erika Hatwinks, c'est bien ça? Questionna Akeru sans réfléchir.
Il aurait dû s'abstenir. Car à l'évocation d'Erika, tout dans l'attitude de Charlie changea soudainement. Son regard se fit assassin, ses poings se serrèrent prêt à frapper, et les muscles de son bras captif, se contractaient sous ses doigts.
-C'est ça votre but alors? Faire du mal à Mademoiselle?! S'écria Charlie avec une rage telle que le brun frissonna violemment.
Il parlait trop fort. Encore. Il devait le faire taire. Il devait comprendre.
Dans un geste presque réflexe, Akeru leva la main, posant ses doigts sur les lèvres de Charlie avec une insistance qu'il espérait suffisante pour le faire taire. Une tentative désespérée pour arrêter cette mascarade. Une voix qui, s'il ne faisait rien, réveillerait toute la maison qu'il espérait encore endormie.
Et un instant, le regard de Charlie semblait figé. Comme si le geste d'Akeru venait réveiller un instinct en lui. Un instinct qu'il n'aurait pas dû sortir de son sommeil. Et ça, Akeru le perçu bien vite, mais bien trop tard aussi. Il avait fait un mauvais choix, et il le comprit presque automatiquement. Ce contact, bref, n'avait duré qu'un souffle.
D'un mouvement fulgurant, il attrapa le poignet d'Akeru d'une main ferme, s'agrippant avec la rapidité d'un éclair. Avant même qu'il ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, il sentit son bras se tordre dans une prise sans pitié. L'instant d'après, il se retrouva plaqué contre le sol, une force soudaine l'écrasant, ses mains emprisonnées et sa respiration coupée. Le majordome, aux gestes bien précis, le maintenait désormais au sol, le bloquant de tout son poids.
Son invité surprise s'était défendu avec la précision d'un combattant, son corps parfaitement entraîné réagissant aux mouvements de son interlocuteur sans la moindre hésitation. Ses yeux étaient désormais tout près du visage d'Akeru. La froideur de son regard contrastait avec l'étreinte brûlante de ses bras, et il sentit la tension palpable dans chaque muscle du majordome.
-Où est-elle, hein?! Que lui avez-vous fait, fumier?!
Le blond précédemment poli semblait avoir changé de visage. Il n'était plus cet homme perdu et effrayé. Mais une machine de guerre, prête à tuer sans hésitation ce qu'il qualifiait de menace envers son maître. Il avait beau tenter de se défaire de l'emprise, Akeru était désormais bloqué, et plaqué au sol, comme une proie à qui le prédateur ne laissait aucune chance.
VOUS LISEZ
L'éclat des invisibles
ParanormalEt si le personnage de votre roman préféré apparaissait dans votre vie ? Akeru ne pensait pas qu'un simple livre pouvait bouleverser le réel. Pourtant, face à lui, dans un monde qui n'est pas le sien, se tient Charlie. Un majordome venu d'un autre u...
