Chapitre 3 - Une confiance timide.

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Un bruit étouffé... Un froissement brusque des draps. Un souffle haletant, comme étranglé... Des bruits sourds qu'il tentait d'ignorer. Parce qu'il dormait. Oui, il dormait.... L'orage avait cessé de faire vibrer le monde. Mais, pourquoi de la lumière semblait venir perturber son sommeil? Pourquoi avait-il aussi mal au dos, aussi? Et pourquoi les oiseaux chantaient si fort en pleine nuit?

Bizarre.

Les bruits de son lit et des mouvements des draps lui semblaient lointains. Trop lointain alors qu'il était censé y être, non? Tout ça était étrange... Puis ce bruit de draps, alors qu'il ne bougeait même pas ?

Puis il comprit. Il se souvint.

Akeru se redressa d'un coup, manquant même de se frapper violemment la tête contre le mur derrière lui. Ces douleurs au dos. C'était parce qu'il s'était endormi, assis et la tête posée sur ses genoux. Le cœur battant, il lui fallut quelques secondes pour se souvenir où il était, pourquoi et surtout avec qui. Sa chambre était baignée d'une lueur grise et pâle : l'orage avait pris congé, laissant place à un jour morne encore en construction. Et dans un demi silence, tout lui revint en mémoire. L'homme mystérieux gisait toujours dans son lit. Enfin... Non. Pas gisant, il bougeait.

De nouveaux, ses yeux verts émeraudes, étaient ouverts. Hagards. Terrifiés.

Le blond s'était redressé d'un coup, comme s'il venait de tomber d'un cauchemar. Puis il s'était levé du lit d'un bon, rapidement imité par Akeru. Tous deux debout, se faisaient face. Mais aucun mot n'était prononcé. Ils scrutaient chacun les mouvements de l'autre, dans un silence angoissant.

-Qui es-...  Voulu commencé le brun, coupé par un livre lancé dans sa direction, qu'il évita de peu.                                                                                                              

-Que fais-je donc ici? Et qui êtes vous? Rendez moi mon arme !  S'écria fort l'inconnu, trop fort pour que ça n'inquiète pas Akeru.                                                                                                                               

-Tu es chez moi... Et je t'ai rien volé. Puis baisse d'un ton, s'il te plait, mes frères et sœurs dorment. Murmura Akeru, les bras levés dans un geste pacifique.

L'homme sursauta à sa voix, les yeux écarquillés comme s'il découvrait une nouvelle menace. Il recula finalement, son dos se heurtant à la fenêtre. La fuite lui paraissait difficile vu la hauteur de celle-ci. Akeru l'analysait, attendant qu'il lui explique enfin, ce qu'il faisait là. Mais la seule réponse qu'il reçut, ne fut qu'un livre en pleine figure.

Un soupir. Lui hurler dessus n'aiderait en rien. Il avait l'air tout aussi perdu dans cette situation qui leur était imposée.

-Calme toi. Je ne te veux pas de mal, et j'espère que c'est réciproque. Tentait il d'expliquer en abaissant les mains, comme pour faire signe de se taire. Tu es.. Apparu dans ma chambre hier. 

Mais ses tentatives furent vaines, alors que d'un bond l'homme fusa vers la porte. Mais le poids de son corps visiblement trop lourd à porter, il chuta à genoux, dans un râle rauque, résonnant dans la pièce comme un écho de douleur.

Akeru voulut s'approcher d'un pas instinctif, mais l'homme repoussa l'idée d'un grand geste du bras. Il savait qu'il allait encore parler trop fort, alors il recula à nouveau. Ce mec était apparu de nulle part en pleine nuit, et c'était lui qui était méfiant? Tout ce qu'il voulait à cet instant précis, c'est de ne réveiller personne, si ce n'était déjà fait. Leurs regards se croisèrent de nouveau. Akeru se força à respirer lentement, chaque inspiration étant un combat. Il détendit ses muscles dans un effort presque surhumain, chaque fibre de son être luttant contre l'anxiété qui montait en lui, un frisson de tension courant dans ses bras et ses jambes. Ses épaules s'abaissant, et son corps se voulant plus mou, il se laissa glisser contre le mur, pour se retrouver de nouveau à sa hauteur.

L'éclat des invisiblesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant