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Chambre de Rebecca Jacobs...
14 Juin 1995, 15h30...

— Comment ça un cancer foudroyant ? s'égosillait Rebecca dans le combiné. Ça veut dire quoi ça ? On peut chopper le cancer et en mourir en quelques jours ?

Elle était absolument hors d'elle.

— Il était en pleine forme quand je l'ai confié à l'équipe de la protection des témoins... OK ! OK ! J'abandonne, de toute façon, c'est sûrement pas votre faute. Mais je veux une copie du rapport d'autopsie le plus rapidement possible... Merci.

Elle raccrocha violemment. Sa journée avait déjà assez mal commencé lorsque son patron l'avait prié d'abandonner l'enquête et de conclure à un suicide. Elle s'était alors emportée pour expliquer à monsieur Brosnan, directeur de l'antenne d'Indianapolis du FBI, que l'affaire était loin d'être aussi simple et qu'il y avait des chances qu'elle cache une histoire de corruption. Son patron lui accorda quarante-huit heures supplémentaires pour lui remettre son rapport préliminaire. Avec ce dernier, il pourrait décider si, oui ou non, elle aurait l'opportunité de continuer ses investigations. Et vu ce qu'elle savait déjà, à savoir pas grand-chose, ce délai lui paraissait abominablement court.

Ainsi, lorsque le bureau en charge de la protection des témoins lui apprit que Malcolm Fetcher avait succombé des suites d'un cancer – alors qu'il n'avait pas encore réellement intégré le programme –, elle avait explosé. Apparemment, il était possible qu'un cancer se développe dans le plus grand secret avant de tuer en quelques jours. Rebecca n'était pas docteur, mais ceci lui parut plus qu'étrange. Malheureusement, elle n'avait pas le temps de fouiller le sujet. Elle devait pondre un rapport dans moins de deux jours. Elle se promit pourtant de tirer cette affaire au clair dès qu'elle en aurait le temps. La société de Burt Martin n'avait certainement pas le pouvoir de rendre malade un homme bien portant. En tout cas, pas d'un cancer, pensa-t-elle.

Elle sortit son calepin pour y rechercher un numéro avant de le composer. Là, elle eut la surprise d'entendre un disque lui répétant que le numéro qu'elle demandait n'était plus attribué. Elle raccrocha et recommença afin d'être sûre de ne pas avoir commis d'erreur. Même disque et même grimace de la part de l'agent. Elle recomposa alors un autre numéro.

— Dis-moi, je cherche un numéro, commença-t-elle sans autre forme de présentation. Une certaine madame Siegel. S-I-E-G-E-L. Elle habite...

— Je t'arrête tout de suite ! fit la voix à l'autre bout de la ligne. Elle est code rouge.

— Quoi ? Mais qu'est-ce que tu me racontes, s'offusqua Rebecca de nouveau en colère. Je suis allée chez elle y a pas si longtemps et tu m'as toi-même donnée son adresse. Elle était sous le nom de Korevitch.

— Je vois effectivement qu'elle s'appelait Korevitch avant. Mais là, elle a déménagé, il y a une semaine tout rond et on n'a aucune trace, elle est sous le secret défense. J'ai même pas accès à son dossier. La seule chose que j'ai c'est son nom...

— Super génial, cracha-t-elle excédée. Tous mes témoins disparaissent comme par magie en une seule semaine... Essaie Liliane ou Brent, s'il te plait. Même nom.

Rebecca attendit en grignotant l'extrémité du crayon qu'elle venait de sortir de son sac. Elle avait les coordonnées des deux enfants Korevitch, mais elle avait le pressentiment qu'eux aussi seraient effacés des serveurs. Si madame Siegel avait intégré le programme de protection des témoins, cela aurait été logique que sa famille fasse de même. Dans le cas contraire, ils ne lui seraient de toute façon d'aucune aide.

Elle entendait les touches du clavier de son collègue s'activer à grande vitesse. Au bout de trente seconde, il reprit la parole.

— Même chose. Les deux sont code rouge. Il va te falloir une nouvelle accréditation, j'en ai peur.

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