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Le jour, dans ce couloir enneigé finissait sa course, les ombres s'allongeaient. Le froid se faisait sentir à mesure que les lueurs du jour disparaissaient. Chaque recoin était avalé par l'obscurité. Et le chariot était toujours là entourée de cadavres. J'avais même déniché un cadavre de nouveau-né dans un crématorium que j'ai emmailloté avec le corps d'une femme. Les immortels ont des instincts humains voir cette scène leur rappelaient qu'ils avaient vécu enfant ou en famille, et le respect des morts les pousserait à venir pour enterrer ces corps. Sous mon camouflage, je sentais le gel petit à petit momifier mon sac de survie. Je ne déclencherai que les réchauds chimiques qu'en dernier recours. J'ai connu des hivers plus rudes. La nuit continuait à envelopper ce couloir. Enfin les premières ombres touchait le chariot. Je notai mentalement la position du coffre et je me concentrait sur la scène. La nuit serait rude mais s'il devait sortir pour récupérer quelque chose, il ne le ferait qu'à la tombée de la nuit. Le peu de lumière lui permettrait de faire une rapide sélection dans les livres dont les Immortels raffolent. La solitude rend dingue et la culture c'est tout ce qui leur reste pour savoir qu'ils vivent encore. Un jour, on a découvert dans la cachette de l'un d'eux une bibliothèque, une bibliothèque avec près de 4000 livres. Il voyageait beaucoup et subtilisait un livre à chaque fois chez des gens des institutions ou encore dans des bibliothèques de contrebande. L'accès à la culture était réglementée par les réseaux, les flux Médias avaient finis par supplanter les supports anciens notamment les supports physiques. Il fallait dorénavant un permis pour posséder un livre. Avec un coffre-fort de conservation. Le candidat devait connaître les 3 techniques de conservation du papier et les 6 moyens de recyclage. En attendant je scrutais le noir de la nuit qui recouvrait lentement le couloir. Le silence se faisait encore plus oppressant dans la nuit. Une véritable prison des sens avec le froid qui cristallisait la respiration au travers du masque, les masques de protection me permettraient alors de tenir trois bonnes heures avant d'avoir besoin de nettoyer la buée. J'ai toujours eu un sommeil léger et avec la chasse je ne dormais vraiment que d'un œil. Le moindre instinct me réveillait pendant la nuit. Les yeux fermés, la respiration de l'air ambiant se calait à un rythme de repos afin de ne pas déranger la nature.

Dans ma respiration l'air ambiant fut tout à coup troublée. Je me réveillai dans la nuit noire. Attrapant une lunette de vue, je scrutai dans la direction de la caisse. La vision nocturne me permettait d'y voir comme en plein jour. Mais il fallait économiser la batterie, je ne l'utilise que très rarement. J'allumai mes jumelles et je vis une silhouette sur deux jambes, comme deux pattes. Il fouillait dans le chariot. Sa tête recouverte d'une voile, une épaisse fourrure entourait son corps. On aurait presque cru voir un ours. J'essuyai le percuteur malgré la fiabilité du matériel, j'eus toujours des rituels inconscients. J'ajustai ma lunette de visée sur la tête. Je préférais la gorge car les dégâts étaient assez nets pour le recyclage. Je n'aurais qu'une seule chance. Les Immortels étaient des magiciens de la disparitions. Capable de tromper votre intelligence le tout sous vos yeux. Ici la cible ne bougeait pas des masses. Sa démarche était assez maladroite imitant parfaitement le comportement d'un ours. Mais je ne comprenais pas autant de prudence, face à ce trésor culturel. Puis la légèreté d'un doute flotta ce qui me poussa à vérifier ma cible. La lunette de visée se focalisa au maximum et je réglai l'atténuation du bruit et la luminosité, jusqu'à obtenir une image nette. Je l'eus de dos, puis j'éteignis le mode sécurité et le mis en joue. Le doigt sur la gâchette dans un fourreau qui servait également de silencieux, j'attendais lentement qu'il daignât se retourner. Puis il se baissa d'un coup. Je réajustai ma lunette vers le bas, mais mon instinct primitif me dit de me protéger. J'eus à peine eu le temps de me protéger. Le canon de mon fusil dévia la première frappe de l'immortel. Il était là. Il avait réussi à s'approcher d'aussi près et avait envoyé un leurre sur le chariot pour me confondre. Il avait une sorte de Tomahawk, qui s'abattait à nouveau sur moi. J'ai pu encore la dévier grâce à la crosse de mon fusil. Mes membres avaient du mal à réagir j'étais resté trop longtemps dans la même position dans le froid. Mon fusil désormais était inutile brisé au bout de la crosse. Le premier coup avait tordu le canon. Je reculai évitant le Tomahawk qui s'enfonça dans la neige juste après mon passage. Malgré mes raideurs, mes réactions étaient assez rapides pour me mettre hors de portée de ses coups. J'attrapais ma matraque télescopique dépliant dans son cliquetis reconnaissable. Il me lança son arme de toutes ses forces. Je pus parer avec la matraque qui se plia sous la force du choc. Il fouilla dans sa peau d'élan puis sorti une machette d'une taille impressionnante. Je décidai de reculer rapidement en fouillant dans mon manteau, j'attrapai mon taser pour animaux sauvages. Dans le même temps je courrai vers un point refuge que j'avais sécurisé. Hors d'haleine il me restait encore une vingtaine de pas avec un immortel à mes trousses qui lui avait l'habitude de faire de la chasse sous la neige. Le taser se chargeait lentement à cause du froid. Et le reste de mon arsenal n'était pas encore à portée. Dans ma course je vis ce que j'avais cru être un immortel au bout de ma lunette. Un ours d'hiver avec une cape que l'immortel lui avait confectionné. Il courrait également à ma rencontre. Mais lui était plus rapide. Il avait parcouru en quelques secondes la distance qui nous séparait de mon guet a pend. Il fonça droit sur moi, le bip de mon taser me signifiât qu'il venait de se charger et je tirai sur l'ours qui s'effondra sous la décharge électrique. Je me retournais, il était là. J'étais désarmé, mais il me restait encore une carte à jouer. A travers son masque, je ne vis pas son visage, tandis que son souffle avait gelé une barbe autour de sa protection. La coupe de la fourrure était nette et bien travaillée. Il portait du rembourrage à peu près partout. Heureusement qu'on était en hiver, s'il n'avait eu toutes ces protections je serais probablement mort. Mais la position où j'étais cette réflexion était triviale. Je m'étonnai à sourire de l'ironie de cette situation. Il a du prendre ma réflexion pour de la moquerie, il pointa sa machette pour me déchirer l'épaule droite. Je criai mais demeurai immobile semblant attendre mon heure. Puis il leva sa machette des deux mains signifiant ma mise à mort dans ce désert glacé. Lorsque la lame s'abattit, je l'esquiva d'un mouvement, et attrapa la prise de sa machette ainsi que sa lame. Il fut surpris. Je mis le pied dans un piège placé sous la neige par mes soins. La décharge nous foudroya tous les deux passant par sa lame. L'éclair passé, nos deux corps tombèrent dans la neige tandis qu'un fin linceul recouvrit nos deux corps perdus dans cette immensité glaciale.

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