1. Back Home in New Orleans

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— Attrapez-la ! hurla celui qui semblait être le meneur du groupe.

Bella n'attendit pas de constater la réaction de ses compagnons pour prendre le large. Elle remonta en courant la rue déserte, seulement éclairée de manière intermittente par de vieux lampadaires grésillants. Alors, la mise en garde du saxophoniste qu'elle avait croisé sur Bourbon Street quelques jours plus tôt résonna dans son esprit : La Nouvelle-Orléans n'est pas New York. On ne se promène pas dans la rue seul le soir. Bifurquant brusquement dans une petite rue résidentielle, elle prit la direction du City Park. À cette heure-ci, le golf miniature devant lequel elle était passée plus tôt, pendant qu'elle parcourait le sud du parc en long, en large et en travers à la recherche d'Andre, était peut-être encore ouvert. Si elle parvenait à l'atteindre, elle serait sauve.

— C'est ça, cours, salope ! Tu vas voir si on te chope ! beugla une voix furieuse dans son dos.

La voix était proche. Trop proche.

Trahissant la réputation de la ville la plus festive des États-Unis, ce soir-là pas un seul habitant de la rue n'était assis, un verre à la main, sur la terrasse couverte d'une des maisons en bois colorées qui sommeillaient le long du chemin pavé. La lune croissante était la seule à assister à sa course désespérée. Bella ne pouvait toutefois espérer aucune aide de la part de l'astre blond.

Lorsqu'elle atteignit City Park Avenue, la seule preuve de vie qu'elle put apercevoir autour d'elle s'éloignait avec les feux arrière rouges d'une voiture blanche. Sentant la panique monter le long de sa gorge, Bella traversa la route vers le parc municipal et s'élança sur le chemin qui s'enfonçait sous les arbres. Le golf se trouvait-il vers la gauche ou vers la droite ? Elle haletait déjà. Oh, si elle s'en sortait, elle se mettrait enfin sérieusement au sport, c'était promis !

Les silhouettes plus tôt rassurantes des palmiers épais et des vieux chênes aux longues branches noueuses qui bordaient le bayou Métairie lui semblaient à présent monstrueuses et terrifiantes. Le jeune croissant céleste n'était pas assez puissant pour traverser le feuillage des arbres centenaires, obligeant Bella à deviner la direction à prendre et à prier pour ne pas finir dans l'eau. Plus loin, elle aperçut soudain le pont en béton bas qui enjambait le bayou. Oui. Le golf miniature était de l'autre côté, elle en était certaine.

L'espoir lui donna un nouveau souffle, et elle accéléra en direction du discret pont gris. Puis elle commit l'erreur qui allait la perdre : elle jeta un regard par-dessus son épaule pour mesurer la distance qui la séparait de ses poursuivants. Ce bref manque de concentration lui valut de trébucher et de s'affaler de tout son long sur l'herbe. Elle poussa sur ses bras pour se relever, mais, patinant maladroitement sur l'herbe humide dans sa hâte, elle entendit des éclats de rire retentir juste derrière elle. Un frisson glacé lui parcourut l'échine. Elle hoqueta de terreur. Et soudain, elle sut qu'elle était perdue.

Serrant dans sa main droite le trousseau de clés, Bella se retourna pour faire face à ses opposants. Elle tenta de rassembler les maigres souvenirs hérités des quelques cours d'autodéfense qu'elle avait suivis à l'université. Dans ce combat parfaitement inégal, elle ne rendrait pas les armes aussi facilement.

Les quatre hommes étaient déjà sur elle. Un éclat métallique trahit la présence d'un poing américain sur la main de l'un d'entre eux. Celui-ci, les cheveux bruns mi-longs coiffés d'une casquette noire ornée d'une fleur de lys dorée, se déplaça sur sa gauche. Un deuxième, arborant une épaisse moustache chevron brune, fit un pas de côté sur sa droite, éliminant toute possibilité de retraite. Conscients d'être en position de supériorité, ils laissèrent des sourires satisfaits se dessiner sur leurs visages. L'un d'entre eux ricana cruellement, tandis qu'un autre fit craquer les articulations de ses mains.

Alligator QueenDes histoires addictives. Découvrez maintenant