Les routes d'Irlande

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L'Irlande est un pays, une île située à l'ouest de l'Europe, situé au nord du 53e parallèle. Son isolement lui donne une unicité de gens, de climat et, bien sûr, de mentalité. Ceci se reflète sur son réseau routier et sur l'attitude de ses citoyens par rapport aux voyages.

Pour ce périple, mon mari et moi avions choisi de louer une voiture. Il s'agit d'une option que nous utilisons très souvent lors de nos expéditions en Europe. Ce choix respecte également notre intérêt fort marqué pour les sites historiques anciens qui sont plutôt à l'extérieur des circuits touristiques habituels. Notre périple de trois semaines comprenait de nombreux lieux à explorer qui, pour la plupart, se trouvaient en dehors de circuits de transport en commun pourtant fort nombreux dans ce pays. Des sites funéraires celtes aux champs de tourbière, en passant par les bords de mer, notre itinéraire exigeait une grande latitude dans nos déplacements que seule une automobile pouvait nous fournir. De plus, nous campions régulièrement. Peu de terrains de camping se trouvent à proximité d'un aéroport, d'une station de train ou d'autobus, ou même d'un service de taxi.

Bref, l'automobile nous apportait la liberté que nous aimons tant lorsque nous sommes en voyage. Cependant, nous avons vite compris que le réseau routier d'Irlande nous apporterait autant de défis, peut-être même plus que ce que nous avons eu à affronter lors de notre voyage en Écosse quelques années plus tôt (voir Deux Québécois en vadrouille en Écosse sur ce même site). Nous avons dû apprendre rapidement à nous débrouiller dans ce coin de monde si différent du nôtre. Arriverions-nous facilement à appliquer toutes ces notions apprises en Écosse à grands coups de fou rire ?

Euh... pas du tout... un nouvel apprentissage nous attendait.

Les routes d'Irlande sont nombreuses, sinueuses et s'entrecroisent plusieurs fois, un peu comme une toile d'araignée géante. Peu importe où on se trouve en Irlande, il y toujours un panneau de circulation qui indique les grandes villes comme Dublin, Cork ou Gallway. Habitués à vivre dans un pays immense et longitudinal, nous concevions difficilement ce principe. Ce serait comme voyager de Québec vers Montréal alors que les panneaux de signalisation indiqueraient Vancouver, Banff, Winnipeg... en plus de Montréal et Toronto. Il faut comprendre que, le pays d'allure carrée ne faisant que 70 293 km2, il est rare de faire plus de 300 kilomètres entre deux grandes cités irlandaises, ce qui est loin des 5 000 kilomètres entre Montréal et Vancouver.

Le réseau est bien entretenu et nous avons emprunté des routes asphaltées même si nos escapades menaient très souvent dans les rangs éloignés et les coins perdus de l'Irlande. Tout comme en Écosse, il faut conduire à gauche de la route alors que le volant est à droite dans la voiture et le bras de vitesse à gauche du chauffeur... bien sûr, juste pour ajouter au bonheur de conduire, nous avions choisi une voiture à transmission manuelle. Quel plaisir ! Ouais ! Probablement à cause des nombreux touristes qui viennent de partout dans le monde, on a installé partout des indications qui rappellent que la conduire se fait à la gauche du chemin. On trouve même des panneaux de signalisation sur le bord des routes, des flèches sur la chaussée, et même un petit collant sur le tableau de bord dont l'écriture se reflète dans le pare-brise des voitures louées.

Dans l'est de l'Irlande, le réseau est mieux développé, les routes étant plus nombreuses et plus larges. La présence de six villes majeures dans cette région ainsi que les nombreux déplacements des citoyens entre ces villes expliquent sans doute cette croissance marquée. Par contre, dans l'ouest de l'île, particulièrement dans les comtés de Mayo et Donegal, le réseau est moins bien développé. Les chemins sont étroits et les ronds-points sont presque inexistants. Plusieurs routes nationales tortueuses ne permettent que rarement la vitesse maximale permise de 60 milles à l'heure (95.7 kilomètres à l'heure).

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