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8 Juin 1995, 23h30...

A cette heure avancée de la nuit, la ville brillait de mille feux. Les rues restaient encore très fréquentées, malgré les magasins fermés et le manque de divertissement dans ce quartier de Gary. Le Lieutenant Mc Tiernan attendait sa collègue imposée, assis sur un banc public. Il était à l'angle d'un grand carrefour. On aurait assez facilement pu le confondre avec un de ces mendiants qui dormaient n'importe où dans les rues. Son vieil imper élimé recouvrait le reste de ses vêtements et ses cheveux ébouriffés ne le mettaient pas non plus en valeur. Il était cependant réveillé. Il paraissait même relativement impatient. Battant du pied avec une certaine énergie, il laissait transparaître son malaise à se trouver dans cet endroit. Rebecca arriva à pieds et s'assit à côté de lui, sans un sourire ni la moindre trace de courtoisie...

- Vous êtes en retard, déclara-t-il, sans autre forme d'introduction.

- Je sais... Quoi de neuf ?

- Les traces sur les doigts de la victime ont bien été faites par la corde, reprit-il, déçu de constater que Rebecca ne semblait absolument pas prête à s'excuser de ce retard. De là, on peut conclure sans difficulté que le Commandant a voulu résister à l'appel de la grande faucheuse.

- Il n'y a pas de quoi conclure au meurtre pour autant, contredit-elle, atonique. La douleur provoquée par la pendaison pourrait, à elle seule, générer ce genre de réaction. Vous parliez de quelque chose d'étrange au téléphone...

- Oui...

Il se leva, jeta un coup d'œil suspect alentour, puis commença à marcher vers le centre-ville. Après quelques pas, il se retourna et s'aperçut que Rebecca n'avait pas bougé, elle souriait, comme pour se moquer de lui. Il resta planté un instant, lui faisant ainsi comprendre qu'il attendait qu'elle le suivît. Elle se décida finalement à se dresser et lui emboîta le pas.

- Nous avons fouillé son appartement avec soin, continua-t-il en reprenant sa marche. On a retrouvé très peu de papiers. Et notamment très peu de relevés de compte en banque. On a un historique d'à peine un an avec des mois manquants.

- Ce n'est pas dramatique ça. Il suffit de contacter sa banque. Ils nous donneront un double de ses relevés...

- C'est là que ça devient intéressant...

Rebecca le regarda d'un air interrogateur.

- Oui. Il y a eu un incendie au siège de la banque en question, il y a trois jours, poursuivit-il. Ils ont perdu toutes les données d'une vingtaine de comptes, dont le sien, comme par hasard. Il y a eu en fait beaucoup plus de comptes touchés, mais les sauvegardes déportées ont permis de récupérer la plupart de données.

- Mais pas celles de Korevitch, continua Rebecca. Effectivement, c'est louche. Vous pourrez me faxer ces fameux relevés ?

- Je me doutais que vous me le demanderiez, répondit-il en souriant. Il sortit des feuillets de sa poche intérieure et les tendit à Rebecca. Ce sont des photocopies vous pouvez les garder, proclama-t-il l'œil brillant de fierté, lisant la surprise dans le regard de sa collègue.

- Bien... Elle regarda vaguement les papiers avant de les rouler dans sa poche. Il avait un autre compte en banque.

- Non, nous n'avons rien trouvé, répondit le lieutenant surpris.

- Ce n'était pas une question. Il avait un autre compte en banque, confirma-t-elle, sur un ton plus affirmatif.

- Comment le savez-vous?

- C'est un militaire à la retraite. Il touche plusieurs pensions, notamment grâce à son service dans le Golfe. On n'en voit pas la trace sur ces relevés, mais c'était précisé dans son dossier. C'est donc qu'ils sont sur d'autres relevés. Il faut les trouver. En plus, il touche des intérêts sur ce compte. Ce n'est donc sûrement pas son compte principal. Et le disque dur ? questionna-t-elle.

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