12 - William

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William

J'observe au loin la silhouette de la basilique Saint-Pierre. Mener une attaque au sein du Vatican, ce n'est probablement pas la meilleure idée que le CEBY ait eu, mais nous n'avons pas le choix. C'est ici que s'est réfugié N°1. D'accord, nous ne pouvons pas en être sûrs à 100 %, mais plusieurs indices confortent ma théorie. La propriété romaine que j'ai sous les yeux a été rachetée depuis peu ; et la provenance des fonds pour le faire est douteuse. La surveillance de ces dernières heures est parlante elle aussi. Il semble y avoir beaucoup plus de monde à l'intérieur que les cinq personnes sorties dans la journée.

Je jette un coup d'œil à ma montre. Notre assaut est prévu dans deux minutes. Le dirigeant de l'équipe Delta s'approche de moi.

— Vous êtes sûr de vous ?          

— Sûr et certain. Les hommes dans cette maison sont les derniers vestiges de la CMJ. Nous devons leur mettre la main dessus.

— Nous le ferons.

Sans un mot de plus, il s'en retourne à son équipe. Nous sommes une trentaine à intervenir cette fois-ci, je dirige moi-même l'équipe Béta. N°1 ne nous échappera pas ce coup-ci, et Cyril non plus.

Le compte à rebours s'amenuise, et le signal du départ retentit. Je fais signe à mes hommes.

— Go !

Nous nous dirigeons aussitôt vers l'entrée principale, pendant que les deux autres équipes s'occupent des issues annexes. Nous défonçons la porte et nous nous engouffrons dans le hall. La réponse ne se fait pas attendre. Aussitôt des gardes ennemis nous canardent, prenant position dans les recoins du rez-de-chaussée, mais aussi sur la mezzanine de l'étage.

— À couvert !

Mes hommes et moi nous protégeons comme nous pouvons des balles en attendant de pouvoir riposter à notre tour.

Je suis bon tireur, et profite de l'accalmie du côté adverse pour abattre quelques soldats. Dans d'autres coins de la maison, j'entends l'intervention de mes camarades.

Par le biais de ma radio, je m'adresse à mon équipe.

— Nous devons prendre possession de l'étage. Nous sommes la première ligne.

J'ai à peine terminé ma phrase que je tire à nouveau, avec le résultat escompté. La voie est libre pour le moment, mais je ne sais pas combien de temps ça va durer.

— Go !

Nous nous précipitons dans l'escalier en formation serrée. Nous avons le temps d'atteindre l'étage avant qu'une nouvelle salve des hommes de N°1 arrive, en deux fronts opposés. Fort heureusement, nous avons de quoi nous mettre à couvert. Une chance que N°1 soit collectionneur d'art !

Je me concentre sur le front principal. S'ils sont plus nombreux, ils cachent probablement N°1. Les tirs fusent dans tous les coins. Une balle me manque de peu, venant du front mineur. Je concentre mon attention sur lui. Sept hommes en font partie... dont Cyril. Je serre les dents en le reconnaissant et change aussitôt mon champ de tir.

Avec mon intervention, leur groupe ne tient pas longtemps. Sentant la déconvenue venir, Cyril prend les jambes à son cou et fuit à l'opposé de la pièce. Et merde ! Je jette un coup d'œil au front principal. Il riposte toujours avec force. N°1 ne doit pas nous échapper, et pourtant... J'indique dans mon micro.

— Tenez l'étage. Et prenez dorénavant vos ordres de l'équipe Delta.

Je me relève vivement et me précipite à la suite de Cyril, priant pour que mes quelques secondes d'hésitation ne me soient pas néfastes.

Je m'engouffre dans un couloir pour voir ma proie tourner au coin de celui-ci. J'accélère ma course. Quand ma vue est dégagée, j'aperçois Cyril sur le balcon extérieur. Il entreprend de descendre  par la gouttière. Et il y parvient.

Je jure et sors à mon tour. J'avise la hauteur qui me sépare du sol. Elle n'est pas trop importante ; je prends le risque.

Je saute du balcon. L'atterrissage est un peu mouvementé, mais je m'en sors indemne. Je reprends aussitôt ma course-poursuite. Cyril essaye d'entraver ma progression en me tirant dessus. J'esquive ses balles.

Je pourrais riposter, mais je le veux vivant. J'accélère, et peu à peu la distance entre nous s'amenuise. Finalement, j'arrive assez près pour lui asséner un coup de crosse dans le dos. Il perd l'équilibre en poussant un cri sourd. Il laisse échapper son arme que j'envoie valdinguer plus loin.

Malheureusement pour moi, il ne reste pas inconscient au sol. Il se relève agilement et m'envoie un coup de poing dans l'abdomen, suivi d'un coup de coude au menton, me rappelant que je ne suis pas invincible.

Du sang s'échappe de mes lèvres, décuplant ma fureur. Ce type a voulu tuer mon frère, je ne vais pas le laisser étendre son tableau de chasse. Je lui donne un nouveau coup à l'aide de mon flingue, en plein visage cette fois-ci. Ma force l'envoie un peu plus loin. Couché sur le ventre, il essaye de ramper vers son arme. Je l'en empêche en marchant sur sa main. Des craquements d'os ainsi qu'un cri de douleur se font entendre.

Il relève un regard haineux vers moi, que je lui rends.

— Tu t'es attaqué à la mauvaise famille, mec.

Aussitôt, je l'assomme. J'ai besoin de lui vivant, mais aussi et surtout, impuissant. Il a les réponses que je veux ; je ferai tout pour les obtenir.

Yanael 2.5 - EtradisLisez cette histoire GRATUITEMENT !