7 - Océane

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Océane

            Lors de mon dernier voyage sur Lasmonia, je mourais de curiosité à propos d'Étradis ; mais maintenant que je suis à proximité de la ville, je ne ressens plus la moindre impatience.

            J'observe la muraille qui ceint la cité. À vrai dire, elle ressemble plus à un vestige qu'à un dispositif de défense. Mais après tout, c'est ce qu'elle est. Les Étradiens n'ont pas besoin de protection physique. Ils savent qu'ils n'ont rien à craindre de ce côté-là. Et malheureusement, ils ont raison.

            Je serre les poings, comme pour me donner du courage, et me dirige vers la porte ouest. C'est à cet endroit que je dois retrouver Azyael pour qu'il me fasse entrer. Je me faufile le long du mur de pierre, le frôlant de mes doigts. Est-ce que ceux qui l'ont construit avaient pensé qu'un jour de telles choses s'y produiraient ?

            J'arrive enfin devant l'ouverture. On se croirait vraiment dans une forteresse du Moyen Âge. Vauban lui-même n'aurait pas à rougir d'une telle construction. Étonnant d'ailleurs pour un peuple qui se dit pacifique. Je me glisse sous la voûte de pierre pour me retrouver bloquée par une haute porte en bois. Je fronce les sourcils. Et maintenant ? Suis-je censée appelé Azyael ? Je suis supposée l'attendre. Il a intérêt à être à l'heure.

            Je patiente à peine le temps d'un battement de cœur avant qu'un cliquetis ne se fasse entendre. Je tourne les yeux vers la porte qui s'entrouvre. Un murmure me parvient.

            — Tu es seule ?

            Je reconnais sans peine la voix d'Azyael. Son timbre n'a pas beaucoup changé. Il est juste un peu plus rauque. Je chuchote.

            — Ouais, je suis seule.

            Plus seule que jamais... La porte s'ouvre davantage, laissant apparaître la silhouette de mon demi-frère. Je le détaille un instant. Il porte toujours ses cheveux bruns mi-longs, mais ils sont davantage disciplinés qu'à ma première visite. Ses traits, par contre, sont plus tirés. Il a dû avoir sa part d'inquiétude lui aussi. Il m'adresse un sourire, et je réalise que ses sourires me font toujours autant flipper.

            — Tu m'as manqué, sœurette.

            Je lève les yeux au ciel.

            — Épargnons-nous ces fausses courtoisies.

            Un rire lui échappe, mais je crois percevoir un éclat amer dans son regard.

            — Comme tu voudras. Approche.

            Il me tend la main. Après un instant d'hésitation, je m'en saisis. Il m'entraîne vers lui et m'indique.

            — Juste une chose : à l'intérieur de ces murs, il vaudrait mieux user de télépathie.

            — OK.

            Cela explique pourquoi sa voix est si rauque : il ne doit plus s'en servir souvent.

            Alors que je passe la porte, un fourmillement me parcourt tout le corps. C'est sans doute l'effet de pénétrer la barrière mentale. Au bout de quelques secondes, cette désagréable sensation passe, m'arrachant un soupir de soulagement. Une légère inquiétude reste quand même.

* Tu es sûr que je n'ai pas été repéré ? *

* Aussi sûr que je peux l'être. Maintenant, suis-moi. *

Yanael 2.5 - EtradisLisez cette histoire GRATUITEMENT !