Chapitre 48 (inédit)

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— Noisette, ai-je murmuré dans la demi-obscurité de la chambre.

« Des tonnes de Chamallows grillés rien que pour moi », ai-je entendu en me penchant par-dessus sa fleur de lotus.

J'ai souri puis je me suis permis d'effleurer la fleur dont les feuilles se sont ouvertes sur une Précieuse endormie sous un pétale de rose — qu'elle prenait soin de changer un jour sur deux —.

— Noisette.

J'ai délicatement caressé son bras du bout de mon index. La fée est sortie d'un songe agréable.

— Je vais me promener. Tu viens avec moi ?

À peine, le temps de virevolter pour me saisir de ma canne que Noisette flottait dans les airs prête à vivre de nouvelles aventures.

— J'en suis ! s'est-elle exclamée en volant tout autour de moi. Si nous sortons en pleine nuit et en cachette, j'imagine que c'est pour visiter un endroit où nous ne sommes pas invitées.

— Bonne déduction. Nous allons nous rendre chez le Père Malinosky... J'ai rêvé de lui. Un songe dérangeant dans lequel il apparaissait sans vie dans son lit.

— Et tu en déduis qu'il faut...

— Je ne sais pas par où commencer mais je sais qu'il nous faut un point de départ.

— Logique...

La fée m'a suivie à travers les couloirs du manoir dans lesquels je me faufilais avec ma canne dont j'avais recouvert le bout de caoutchouc pour être la plus discrète possible.

— Si mes souvenirs sont bons, l'église du Père Malinosky se situe entre la forêt de Beaupuy et celle de Rei tendrement surnommé par les locaux « Brocéliande bis ». Je n'ai pas très envie d'y mettre les pieds.

— Tu peux toujours rester ici. Tu couvriras mon absence si on la remarque.

La Précieuse a plaqué ses mains sur son visage en implorant les divinités de son peuple de nous apporter amour et protection.

— Ce manoir grouille d'être magique. Ton absence sera remarqué. Je ne sais même pas si nous parviendrons à atteindre la porte d'entrée.

— Ne t'inquiète pas, ça va aller.

— Tu sais, je regarde beaucoup de films dans lesquels les chapelles sont hantées.

— Ne les regarde plus.

— Je ne peux pas ! J'adore les films d'horreur.

Arrivée au pied de l'escalier, je me suis tournée vers ma Précieuse.

— Toi, tu apprécies les films d'horreur ?

Je peinais à y croire.

— J'aime le sanglant et l'effroi. Le soir, j'écoute des creepy pasta pour m'endormir ou toute autre sorte de contes terrifiants. Plus je me mêle au milieu horrifique et plus je suis apte à t'accompagner pendant tes aventures. J'ai bien compris qu'il ne te fallait pas seulement un puits de savoir. Tu as besoin d'une véritable alliée prête à te suivre au fin fond de l'Enfer... Car ne soyons pas naïves. Ça arrivera. Un jour, Eleanor ouvrira la porte scellée de Beaupuy. Des monstres dont tu n'as pas idée en sortiront. L'Enfer sur terre ne sera plus une expression. Tu devras combattre pour les occire... Toi, l'Immortelle au destin flamboyant que personne n'attendait. La lutte sera acharnée, brutale, magistrale. Les morts s'accumuleront. Les pires légendes prendront vie. Les humains seront soumis à une magie sombre. Toi, tu seras la flammèche dans toute cette obscurité. Guerrière et vaillante, tu traverseras les profondeurs de la terre. Tu affronteras la mort elle-même et tu sortiras victorieuse de cette guerre qui t'aura éloigné d'une sœur et fait gagner une Précieuse. Je ne serai jamais comme Eleanor ou comme Emmanuelle, mais je vais essayer de t'aider du mieux que je le peux. Et ça, ça passe par un entraînement spécifique qui inclut le visionnage de films d'horreur. Picci dirait que plus on voit de trucs dégueux sur écran et moins on tremble en vrai, non ? s'est interrogée Noisette en battant des cils innocemment.

Bleu Magnétique (EN COURS)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant